Le gouvernement de la République centrafricaine et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont lancé, mardi 5 août à Bangui, le Programme régional d’appui au développement des infrastructures et des ressources en eau transfrontalières entre la Centrafrique et la République démocratique du Congo (PREDIRE).
La cérémonie de lancement du PREDIRE, coprésidée par le ministre de l’Énergie et du Développement des ressources hydrauliques, Bertrand Arthur Piri, et le responsable du bureau-pays de la BAD pour la Centrafrique, Mamady Souaré, a réuni à Bangui plusieurs membres du gouvernement, dont Éric Mathieu Rokosset Kamo (Infrastructures et Travaux publics), Ernest Mada (ministre délégué, secrétaire général du gouvernement), Nicaise Nassin (Sécurité publique), Bruno Yapandé (Administration du territoire et Décentralisation), Marcel Dimasse (Fonction publique et Réforme administrative) et Obed Namsio (représentant le ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération). Des élus locaux, des partenaires techniques et financiers, des représentants de la société civile et de nombreux invités étaient également présents.
Doté d’un financement de 121 millions de dollars de la BAD, PREDIRE vise à exploiter durablement le potentiel du bassin de l’Oubangui pour améliorer les conditions de vie des populations riveraines tout en renforçant l’intégration régionale. Le projet, prévu sur cinq ans, s’étendra de novembre 2024 à novembre 2029.
« PREDIRE s’inscrit dans la vision du président Faustin Archange Touadéra pour un développement durable et inclusif, fondé sur l’accès équitable à l’eau potable, à l’assainissement, à la sécurité alimentaire et à la protection de l’environnement », a déclaré M. Piri, soulignant « la solidité du partenariat entre la Centrafrique et la Banque africaine de développement ».
Articulé autour du triptyque eau – sécurité alimentaire – climat, le programme comprend deux volets complémentaires. Le premier, lancé mardi, porte sur l’amélioration du système d’information hydrologique du bassin, la préparation d’investissements futurs et la construction d’infrastructures d’eau, d’assainissement et d’hygiène résilientes face au climat. Le second, en cours de préparation, concernera la mise en place d’ouvrages de captage d’eau pour le Programme de transformation agricole en RDC, l’amélioration de la navigation fluviale sur l’ensemble du bassin, ainsi que la protection et le renforcement de la résilience des communautés vulnérables face aux effets du changement climatique.
« En adoptant une approche intégrée et inclusive, PREDIRE contribuera à renforcer la résilience climatique des communautés tout en stimulant la croissance économique grâce aux services liés à l’eau, à la navigation et à l’agriculture durable », a affirmé M. Souaré, précisant que 100 % du financement est consacré à la lutte contre les effets du changement climatique, faisant de ce programme un projet phare du portefeuille climat de la BAD.
La composante centrafricaine prévoit notamment la construction d’une station de pompage d’eau brute de 6 500 m³/heure, d’une usine de traitement de la même capacité, d’un réservoir de 50 000 m³, l’extension de 208 km de réseau de distribution, l’installation de 15 000 branchements sociaux et l’édification du nouveau siège de la Société de distribution d’eau de Centrafrique (SODECA).
Le projet couvrira les provinces du Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi et de la Mongala en RDC, ainsi que la région du Grand Bangui. Plus de 2,4 millions de personnes, dont 51 % de femmes, en bénéficieront directement. Parmi elles, 69 % vivent dans l’extrême pauvreté et 71 % sont des jeunes, dont au moins la moitié de filles.
Selon la BAD, le programme générera 3 400 emplois, dont 1 200 permanents, grâce aux travaux d’infrastructures, aux formations à l’entrepreneuriat, à la fourniture de services d’eau et d’assainissement et à l’amélioration de la navigation fluviale. Un dispositif spécifique de résilience et de cohésion sociale sera également mis en œuvre au profit de 25 000 personnes, en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Sur le plan institutionnel, les capacités de plus de 1 300 acteurs seront renforcées. Toutes les femmes ciblées bénéficieront de formations au sein des institutions nationales, régionales et communautaires impliquées dans la gestion des ressources partagées.
GIK/lb/Sf/ac/APA







