Les négociations entre la Confédération des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), les opérations sécuritaires au Niger, les procédures judiciaires visant des responsables politiques en Côte d’Ivoire et en Guinée, ainsi que des projets d’infrastructures au Ghana figurent parmi les sujets dominants de la presse ouest-africaine de ce lundi 19 octobre 2026.
Au Sénégal, l’actualité est notamment marquée par un accident mortel survenu sur le chantier de la Dakar Arena, à Diamniadio. Selon Seneweb, deux ouvriers, l’un de nationalité sénégalaise et l’autre argentine, ont perdu la vie samedi 17 octobre, à la suite du renversement d’une nacelle utilisée pour l’installation des équipements d’éclairage de l’infrastructure.
Le drame s’est produit vers 15 h 13, alors que les deux hommes travaillaient pour KOB Logistic, une société intervenant en sous-traitance pour FAST, elle-même mandatée par le Comité d’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (COJOJ). Le travailleur sénégalais manipulait la nacelle tandis que son collègue argentin était chargé de réparer les projecteurs. Les deux hommes ont été évacués après leur chute, mais n’ont pas survécu. La Section de recherches de Dakar a été chargée de l’enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident.
Dans un autre registre, le sociologue Abdoulaye Niang a appelé à une refonte du modèle de financement des organisations de la société civile. Dans un compte rendu publié samedi, Pressafrik rapporte que l’universitaire a dénoncé la dépendance financière et les allégeances politiques qui, selon lui, fragilisent l’autonomie des organisations citoyennes au Sénégal et en Afrique.
Lors de l’assemblée générale du Collectif africain de la paix (CAP), dont il fut le président, il a plaidé pour une société civile indépendante des intérêts partisans et davantage ancrée dans les préoccupations des populations. « La véritable souveraineté d’une société civile réside exclusivement dans son rapport avec la base », a-t-il affirmé. Il a également recommandé de renforcer les partenariats avec les médias et de créer un conseil scientifique afin d’appuyer les propositions citoyennes sur la recherche et l’expertise.
À l’échelle régionale, les relations entre l’AES et la Cédéao occupent une place importante dans l’actualité. Maliweb, dans un article publié ce lundi 19 octobre, revient sur la réunion du Comité ministériel de pilotage de la Confédération des États du Sahel, tenue le 16 octobre à Ouagadougou, en préparation des premières négociations formelles avec l’organisation ouest-africaine, prévues les 17 et 18 octobre à Dakar.
Réunis sous la présidence du ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, les chefs de la diplomatie du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont arrêté une position commune pour les discussions. Selon le média malien, la Confédération entend privilégier le dialogue et la bonne foi tout en défendant sa souveraineté et son statut d’entité distincte de la Cédéao. Les discussions doivent notamment porter sur la libre circulation, le commerce, la sécurité et la protection des ressortissants.
L’AES affirme vouloir établir un partenariat pragmatique et équilibré avec l’organisation régionale, fondé sur l’égalité des parties et la préservation des acquis de l’intégration ouest-africaine. Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a résumé cette position en déclarant : « Nous partons à Dakar sereins, convaincus que la Confédération n’est bâtie contre personne, mais plutôt pour défendre les intérêts de nos populations ».
Toujours au Burkina Faso, les préparatifs du troisième sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre à Moscou, alimentent également l’actualité. Dans une tribune publiée par Sidwaya, l’ambassadeur de Russie au Burkina Faso, Igor Martynov, défend le renforcement du partenariat entre Moscou et les États africains.
Le diplomate met en avant les perspectives de coopération dans les domaines de l’énergie, des ressources minérales, des infrastructures, de l’agriculture, de la santé et des technologies numériques. Il souligne également la volonté russe d’accroître les échanges commerciaux avec l’Afrique subsaharienne et de développer des mécanismes de règlement utilisant les monnaies nationales. Concernant les relations avec le Burkina Faso, il rappelle qu’un accord portant sur la création d’une commission intergouvernementale de coopération commerciale, économique, scientifique et technique a été signé en février 2026. Sa première réunion est attendue avant la fin de l’année, selon la tribune.
Au Niger, la situation sécuritaire reste au centre des préoccupations. Selon un bulletin du Centre intégré de coordination des opérations (CICO), relayé par l’Agence nigérienne de presse (ANP), les Forces de défense et de sécurité ont poursuivi leurs opérations au cours de la première quinzaine d’octobre sur plusieurs théâtres d’intervention.
Le bilan communiqué fait état de plusieurs personnes neutralisées ou interpellées, ainsi que de saisies d’armes, de munitions et de motos. Dans le secteur de N’Guigmi, quatre combattants de Boko Haram auraient été neutralisés le 9 octobre. Dans le nord du pays, une patrouille a intercepté un véhicule transportant notamment 12 pistolets automatiques, dix caisses de munitions et 925 cartouches de calibre 7,62 × 39 mm. D’autres interventions ont été signalées dans les régions de Dosso et de Zinder, où les forces nigériennes ont notamment saisi des fusils d’assaut et des motos.
Le CICO fait également état d’opérations contre des refuges de groupes armés et de distributions de vivres aux populations vulnérables dans certaines zones. Tout en présentant la situation sécuritaire comme globalement calme et sous contrôle, le bulletin souligne la poursuite de la mobilisation des forces nigériennes sur les différents fronts.
En Guinée, l’actualité judiciaire concerne l’ancien procureur de Dixinn, Algassimou Diallo, dont les avocats ont suspendu leur participation au procès devant les chambres réunies de la Cour suprême. Dans un article publié dimanche soir, AfricaGuinée rapporte que le Parquet général a réagi à ce retrait en apportant des précisions sur le déroulement de la procédure.
Le 15 octobre, la défense avait soulevé plusieurs exceptions, dont une demande de récusation de trois magistrats et une requête visant l’annulation de l’ordonnance de renvoi. Ces demandes ayant été rejetées, les avocats ont décidé de suspendre leur participation aux audiences jusqu’à nouvel ordre. Le Parquet général assure que la procédure s’est déroulée dans le respect des textes et des droits de la défense, tout en rappelant que l’ancien magistrat bénéficie de la présomption d’innocence.
Révoqué en août 2026 pour des manquements professionnels graves, Algassimou Diallo est poursuivi pour des faits présumés de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, de discrimination et de participation à une association de malfaiteurs. Le Parquet s’est dit ouvert à une démarche constructive avec les avocats afin de permettre la reprise des débats.
En Côte d’Ivoire, les tensions entre le pouvoir et l’opposition se reflètent également dans l’actualité judiciaire. Selon Abidjan.net, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) a rejeté, dans une déclaration publiée samedi 17 octobre, toute assimilation de ses activités à celles d’une organisation criminelle ou terroriste.
Cette réaction intervient après la convocation de six de ses responsables devant le doyen des juges d’instruction du huitième cabinet du tribunal de première instance d’Abidjan. Le parti dirigé par Tidjane Thiam estime que ces procédures, qui concernent également des responsables du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), constituent un « signal politique grave ».
Le PDCI-RDA affirme que l’expression d’un désaccord relève de la vie démocratique et ne saurait être assimilée à une menace contre les institutions. Il dénonce ce qu’il considère comme une pression judiciaire sur l’opposition, tout en réclamant le respect de la présomption d’innocence et des garanties d’un procès équitable. Le parti appelle également à un dialogue national inclusif sur les libertés publiques, les garanties électorales et les conditions d’une paix durable.
Enfin, au Ghana, le président John Dramani Mahama annonce de nouvelles infrastructures destinées à faciliter les déplacements aériens d’urgence. Pulse Ghana, dans un article publié dimanche 18 octobre, rapporte que le chef de l’État prévoit la construction de pistes d’atterrissage d’environ deux kilomètres dans les régions qui ne disposent pas d’aéroport.
Le projet vise notamment à améliorer les évacuations médicales et les interventions d’urgence dans les zones dépourvues d’infrastructures adaptées. La région du Nord-Ouest figure parmi les bénéficiaires annoncés. Les installations devraient comprendre un petit poste de contrôle pour faciliter les opérations aériennes.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté d’améliorer l’accès aux transports d’urgence dans les régions éloignées. Elle reste toutefois présentée, à ce stade, comme un projet annoncé par le président, sans calendrier détaillé de réalisation précisé dans les informations rapportées par le média ghanéen.
APA





