Les producteurs venus de plusieurs régions de la Côte d’Ivoire ont rendu hommage, ce samedi 17 octobre 2026 à Daloa (Ouest), à Koné Moussa, président du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI), à la suite de sa convocation à la brigade de recherche de la gendarmerie.
S’exprimant devant les producteurs mobilisés, Koné Moussa a exprimé sa satisfaction face à cette marque de soutien, qu’il considère comme un encouragement à poursuivre son engagement en faveur des acteurs de la filière café-cacao.
« La mobilisation de ce samedi démontre que les producteurs font vraiment attention à tous les actes que nous posons pour la défense de leurs intérêts », a-t-il déclaré. Il a exigé le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao, la prise en charge des stocks de cacao détenus par les producteurs et la revalorisation des prix.
Le président du SYNAP-CI a justifié la demande de « démission » du directeur général du Conseil Café-Cacao par les difficultés rencontrées quotidiennement par les producteurs et ce qu’il considère comme un manque d’écoute de la part du responsable de l’organe de régulation de la filière café-cacao.
« Nous demandons la démission du directeur général du Conseil Café-Cacao parce qu’il n’arrive pas à résoudre les problèmes que nous rencontrons quotidiennement. Nous avons des problèmes, nous allons vers lui, mais il n’est pas accessible et il n’écoute rien », a-t-il lancé.
Selon lui, les convocations et les emprisonnements ne constituent pas des réponses appropriées aux préoccupations des acteurs de la filière. « Lorsqu’on manque d’arguments, on devient violent. C’est pour tout cela que le SYNAP-CI demande la démission sans délai du directeur général du Conseil Café-Cacao », a insisté Koné Moussa.
Il a demandé au gouvernement de « prendre toutes les mesures pour leur envoyer un nouveau directeur général rapidement afin que la filière puisse se redresser », soutenant qu’il y a « beaucoup de problèmes qui affectent aujourd’hui la filière café-cacao. »
Sur la question du prix du kilogramme de cacao, Koné Moussa a précisé qu’il ne formule pas, pour l’heure, de proposition distincte de celle annoncée par le gouvernement, à savoir une rémunération des producteurs équivalant à 60 % du prix CAF (coût, assurance et fret).
Il a toutefois souligné la nécessité de prendre des mesures pour permettre l’écoulement des stocks encore détenus par les producteurs et les coopératives, tout en plaidant pour une hausse du prix du kilogramme de cacao fixé à 1200 Fcfa pour la campagne principale 2026-2027.
« Être un syndicat, ce n’est pas seulement critiquer, il faut aussi proposer. Nous avons des propositions, mais celles-ci ne peuvent être formulées qu’autour d’une table », a-t-il affirmé, annonçant son intention de soumettre plusieurs préoccupations au prochain directeur général et de favoriser un cadre de concertation réunissant les parties prenantes.
Interrogé sur les contestations relatives aux membres de son organisation, le président du SYNAP-CI a revendiqué 868 000 membres identifiés, rejetant les critiques d’autres syndicats. Il a invité les organisations qui contestent ce chiffre à confronter leurs bases de données à celle de son syndicat.
Revenant sur sa convocation à la brigade de recherche, Koné Moussa a estimé que cette situation constituait une « honte » pour la nation, plutôt qu’une « victoire » personnelle, malgré sa sortie des locaux de la gendarmerie.
« C’est une honte qu’un producteur soit convoqué à la brigade de recherche par un directeur général. C’est une honte pour toute la nation. Donc, le fait que j’en sois sorti, je ne considère pas cela comme une victoire », a-t-il indiqué.
Il a assuré que le mouvement de protestation se poursuivrait jusqu’à la satisfaction des revendications. « Tant que l’objectif n’est pas atteint, je demande aux producteurs de rester mobilisés », a-t-il lancé, affirmant que le SYNAP-CI maintenait son mot d’ordre de grève.
Cette mobilisation intervient dans un contexte de tensions au sein de la filière café-cacao, où les producteurs réclament des réponses concrètes à leurs difficultés de commercialisation et à leurs préoccupations économiques.
AP/APA





