À la veille de la Tabaski, l’Afrique de l’Ouest est traversée par des préoccupations mêlant flambée du coût de la vie, enjeux sécuritaires et réorganisations politiques. Du Sénégal à la Guinée, la hausse spectaculaire des prix du bétail alimente l’inquiétude des ménages, tandis qu’au Mali les opérations militaires contre les groupes armés se poursuivent. Dans le même temps, le Niger renforce son ouverture diplomatique et le Bénin acte une nouvelle série de nominations stratégiques à la présidence.
Au Sénégal, Seneweb dresse un constat alarmant sur la flambée des prix du mouton à quelques heures de l’Aïd el-Kébir. Malgré des marchés globalement bien approvisionnés dans plusieurs régions, les coûts atteignent des niveaux jugés intenables pour une grande partie des ménages. À Dakar, les béliers se négocient entre 80 000 et 600 000 FCFA, tandis que certaines races prestigieuses frôlent le million de FCFA. Les éleveurs expliquent cette situation par la hausse du prix des aliments de bétail, le coût du transport et les perturbations sécuritaires au Mali, principal fournisseur régional avec la Mauritanie.
Le même phénomène touche Louga, Thiès, Kaolack, Tambacounda, Kédougou, Matam et Sédhiou, où les marchés débordent d’animaux mais peinent à attirer les acheteurs. Dans plusieurs localités, les consommateurs dénoncent un doublement des prix par rapport à l’année précédente. Les enseignants de Kédougou réclament notamment une revalorisation de l’avance Tabaski accordée par l’État, devenue insuffisante face à l’inflation du marché du bétail. Cette situation révèle une fracture grandissante entre l’abondance de l’offre et la capacité réelle des populations à accéder au sacrifice rituel.
En Guinée aussi, la fête se prépare dans un climat de forte tension économique. Africaguinee rapporte une explosion des prix des moutons et des bœufs dans le Foutah, pourtant considéré comme une terre traditionnelle d’élevage. Les vendeurs évoquent la raréfaction du cheptel local, les vols de bétail et les difficultés d’approvisionnement depuis le Mali voisin après la disparition de commerçants guinéens dans ce pays. À Labé comme à Mamou, les chèvres et moutons se vendent désormais entre 2 et 4 millions de francs guinéens, tandis que certains bovins dépassent les 10 millions de GNF. Les vendeurs affirment constater une forte baisse du pouvoir d’achat, beaucoup de clients quittant les marchés sans achat.
Dans ce contexte marqué par la célébration musulmane, Pulse Ghana propose une mise en perspective pédagogique sur les différences entre l’Aïd al-Fitr et l’Aïd al-Adha. Le média rappelle que la « fête du sacrifice » commémore l’épreuve du prophète Ibrahim et met l’accent sur la foi, le partage et la solidarité envers les plus démunis, dans un contexte où de nombreux foyers ouest-africains peinent justement à financer le sacrifice rituel.
Sur le plan sécuritaire, Maliweb indique que les Forces armées maliennes ont mené plusieurs frappes aériennes dans les régions de Koulikoro et de Ségou. Selon l’état-major, deux bases attribuées à des groupes armés terroristes ont été détruites à Kwala et Macina, et plusieurs combattants neutralisés. L’armée affirme poursuivre ses opérations offensives pour renforcer la sécurité et préserver l’intégrité territoriale du Mali dans un contexte de pression sécuritaire persistante.
Au Burkina Faso, l’actualité met davantage l’accent sur les enjeux éducatifs. Sidwaya revient sur la soutenance de thèse du chercheur Wendingoundi Félix Kalkoundo consacrée à la gouvernance des établissements privés post-primaire et secondaire. Ses travaux concluent que les défaillances administratives, pédagogiques et financières du secteur privé influencent négativement la qualité de l’éducation au Burkina Faso, dans un contexte de forte expansion des écoles privées.
Au Niger, l’ANP rapporte que le président Abdourahamane Tiani a reçu les lettres de créance de cinq nouveaux ambassadeurs accrédités à Niamey, notamment ceux d’Espagne, du Maroc, de la Türkiye, du Bangladesh et de la Guinée. Ces audiences illustrent la volonté des autorités nigériennes de renforcer leurs relations diplomatiques et leurs partenariats bilatéraux dans un contexte régional marqué par la recomposition géopolitique du Sahel.
Enfin, au Bénin, Banouto annonce une série de nominations stratégiques décidées par le président Romuald Wadagni à la présidence de la République. Huit personnalités ont été nommées à des postes clés, parmi lesquelles Wilfried Léandre Houngbédji comme ministre porte-parole du gouvernement et José Didier Tonato comme conseiller présidentiel aux infrastructures. Ces ajustements interviennent dans un contexte de consolidation de la nouvelle équipe dirigeante béninoise.
Sf/APA







