Les Nations Unies ont lancé un appel urgent aux dirigeants mondiaux pour accélérer la restauration des terres dégradées, estimant qu’un investissement d’un milliard de dollars par jour pourrait débloquer une économie de mille milliards de dollars d’ici 2030.
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, célébrée cette année en Colombie sous le thème « Restaurer la terre. Libérer les opportunités », l’organisation internationale a alerté sur l’ampleur des défis à venir.
Selon les dernières analyses de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), la dégradation des terres coûte actuellement 878 milliards de dollars par an à l’économie mondiale, soit trois fois le montant de l’aide publique au développement de 2023.
« L’humanité dégrade les terres à un rythme alarmant, coûtant à l’économie mondiale près de 880 milliards de dollars chaque année », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres dans son message.
Sans changement, une superficie équivalente à celle de l’Amérique du Sud (16 millions de kilomètres carrés) continuera de se dégrader d’ici 2050, alerte l’ONU.
Un potentiel de retour sur investissement considérable
A en croire l’Organisation des Nations Unies, la restauration d’un milliard d’hectares de terres dégradées pourrait générer jusqu’à 1,8 billion de dollars annuellement, avec un retour sur investissement de 7 à 30 dollars pour chaque dollar investi, grâce à l’amélioration des services écosystémiques et des moyens de subsistance.
L’Afrique subsaharienne, qui abrite 45 % des terres dégradées mondiales, mène les engagements de restauration avec plus de 440 millions d’hectares promis, ce qui pourrait créer jusqu’à 10 millions d’emplois durables dans l’agriculture et la foresterie, relève l’ONU.
Le secrétaire exécutif de l’UNCCD, Ibrahim Thiaw, a indiqué que la célébration de cette année met en évidence les avantages considérables de la revitalisation des terres, « avantages que nous ne pouvons pas nous permettre de négliger alors que la population mondiale devrait atteindre 10 milliards d’habitants d’ici à 2050. »
« L’enjeu est de taille lorsqu’il s’agit de freiner la concurrence autour de ressources naturelles de plus en plus réduites : sans aliments nutritifs, sans eau propre et sans matières premières, il n’y a pas de moyens de subsistance ; et sans eux, il ne peut y avoir de prospérité économique, de stabilité politique ou de paix durable. Une terre restaurée est une terre aux possibilités infinies, et il dépend de nous tous de les débloquer », a-t-il ajouté.
Le pays hôte de cette journée mondiale illustre cette approche intégrée. Avec près de 30 % de son territoire affecté par la dégradation des terres, la Colombie restaure actuellement plus de 560 000 hectares, développe l’agroforesterie et améliore la planification de l’utilisation des terres rurales.
« La distribution équitable des terres ne suffit pas ; nous devons aussi guérir notre terre et nos sols », a souligné Martha Carvajalino, ministre de l’Agriculture de la Colombie.
Pour atteindre les objectifs mondiaux de restauration des terres d’ici 2030, un investissement quotidien d’un milliard de dollars est nécessaire. Actuellement, le secteur privé ne représente que 6 % des investissements mondiaux dans ce domaine, une contribution jugée largement insuffisante par les experts onusiens.
ARD/Sf/ac/APA





