Un rapport de la Banque mondiale publié en novembre 2025 révèle que moins de la moitié des aides sociales versées par le gouvernement nigérian bénéficient effectivement aux citoyens les plus pauvres, en raison d’un ciblage insuffisant et d’une mise en œuvre fragmentée des programmes.
Les programmes de protection sociale du Nigéria n’atteignent pas pleinement leurs bénéficiaires prioritaires, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale intitulé « L’état des filets de sécurité sociale au Nigeria ». D’après le document, seulement 44 % des prestations totales des programmes financés par l’État parviennent aux Nigérians les plus pauvres, malgré leur forte présence parmi les bénéficiaires.
Le rapport, qui évalue les dépenses sociales, leur couverture et leur efficacité, met en cause un ciblage inadéquat, un financement insuffisant et une exécution fragmentée, qui ont privé des millions de citoyens vulnérables d’un soutien réel, malgré les ambitions affichées du gouvernement en matière de réduction de la pauvreté.
Le ministre nigérian des Finances et ministre coordinateur de l’Économie, Wale Edun, a récemment annoncé que le gouvernement visait 15 millions de ménages (environ 70 millions de personnes) dans le cadre d’un programme d’aides financières numériques. Selon lui, 8,5 millions de ménages ont déjà reçu une première tranche de 25 000 nairas (environ 16 dollars), et les 6,5 millions restants devraient être servis avant la fin de l’année.
Cependant, la Banque mondiale estime que les dépenses sociales demeurent inefficaces, soulignant que 56 % des bénéficiaires sont effectivement pauvres, mais qu’ils ne perçoivent que 44 % des prestations totales. Ce déséquilibre s’explique, selon le rapport, par le mode de calcul des aides : la plupart des programmes, dont le Programme national de protection sociale (NASSP), allouent un montant fixe par ménage, sans tenir compte du nombre de personnes à charge.
Ainsi, les familles pauvres, souvent plus nombreuses, se partagent une aide identique à celle reçue par des ménages plus petits. En revanche, les programmes ciblant les individus plutôt que les ménages, tels que le Programme national d’alimentation scolaire (NHGSFP), sont moins touchés par cette distorsion. Néanmoins, ce programme ne couvre que les élèves de la 1ère à la 3e année et ne s’étend pas encore à tout le pays, limitant ainsi son impact.
« Les dépenses liées aux filets de sécurité sociale sont inefficaces, car une part insuffisante des prestations parvient aux plus démunis », souligne la Banque mondiale, appelant à un meilleur ciblage et à une adaptation des montants d’aide au nombre réel de bénéficiaires dans chaque foyer.
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