Le Maroc a ouvert mercredi la cinquième édition du Sommet mondial Power-to-X à Marrakech, un rendez-vous stratégique rassemblant 2 000 participants issus de 40 pays et 125 intervenants pour débattre des perspectives de l’hydrogène vert et de ses dérivés. Pendant deux jours, responsables publics, investisseurs et chercheurs discutent de la réduction du fossé entre ambitions climatiques et mise en œuvre concrète de projets.
Organisé au Palais des Congrès par le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, en partenariat avec l’IRESEN, l’UM6P, MASEN et le Green H2 Cluster, le Sommet mondial Power-to-X met en avant la stratégie marocaine dite Morocco Offer. Lancée en mars 2024, celle-ci réserve jusqu’à un million d’hectares de terres publiques pour le développement de projets Power-to-X, dont 300 000 hectares ont déjà été attribués. En mars dernier, le comité de pilotage a présélectionné cinq investisseurs pour six projets d’un montant de 319 milliards de dirhams (environ 32,8 milliards d’euros), portant sur la production d’ammoniac vert, d’e-fuels et d’acier décarboné.
Dans son discours d’ouverture, la ministre marocain de l’Énergie, Leila Benali, a insisté sur la nécessité de développer rapidement les infrastructures, en particulier les terminaux gaziers et les futurs pipelines reliant les zones de production aux marchés. Elle a également rappelé l’importance de partenariats comme celui conclu avec les Émirats arabes unis lors de la COP28, destiné à renforcer la production d’électricité à partir du gaz et à diversifier les sources d’énergie.
Au-delà des infrastructures, la ministre a souligné la place du Maroc comme corridor stratégique entre l’Europe et l’Afrique : « Notre pays sera producteur et exportateur d’électrons bas carbone, de molécules vertes et de produits industriels décarbonés tels que l’acier ou les engrais », a-t-elle affirmé, appelant investisseurs et financiers à dépasser la phase des protocoles d’accord pour concrétiser les projets.
Les autres partenaires marocains ont mis en avant les avancées déjà réalisées. L’IRESEN a annoncé la mise en service en 2026 d’une unité de démonstration d’ammoniac vert à Jorf Lasfar, en partenariat avec l’OCP et l’UM6P. MASEN a souligné la progression méthodique de six projets supplémentaires en phase de préfaisabilité. Quant à la CGEM, elle a rappelé la feuille de route nationale visant une production annuelle pouvant atteindre neuf millions de tonnes d’hydrogène vert à l’horizon 2050, dont deux millions destinés à la consommation domestique dès 2035.
Avec plus d’une dizaine de panels consacrés au financement, à l’innovation, aux infrastructures et aux usages industriels, le sommet ambitionne de consolider la place du Maroc dans les corridors d’importation européens en matière d’hydrogène, et de confirmer son rôle de pionnier africain de la transition énergétique.
MK/ac/Sf/APA







