La HAC a ordonné la suspension immédiate de LCI et TF1 au Mali pour diffusion d’informations jugées non vérifiées, une décision notifiée le 13 novembre et qui prolonge les retraits récents de médias étrangers.
La Haute autorité de la communication (HAC) du Mali a ordonné le retrait immédiat de LCI et TF1 des bouquets audiovisuels à la suite d’une séquence diffusée le 9 novembre. La décision, prise le 12 novembre et notifiée le 13, prolonge une série de mesures déjà appliquées ces dernières années à plusieurs médias étrangers.
La mesure s’appuie sur la Constitution, la Charte de la Transition révisée et les textes régissant l’audiovisuel privé, dont la loi de 2012 relative aux services privés de communication audiovisuelle, l’ordonnance portant création de la HAC et les décrets fixant les obligations des diffuseurs. Le dossier concerne un extrait de douze minutes issu de l’émission « Grand Dossier » diffusée par LCI le 9 novembre à 13 heures, composé de deux volets intitulés « Mali, les djihadistes aux portes de Bamako » et « Mali, le nouveau fief d’Al-Qaida ». La même séquence a été publiée le jour même sur la plateforme en ligne de TF1 à 17 h 54.
La HAC reproche aux deux chaînes la diffusion d’affirmations qualifiées de non vérifiées, comme « la junte a interdit la vente du carburant », « Kayes et Nioro sont totalement sous blocus » et « désormais les terroristes sont donc proches de faire tomber la capitale ».
Le régulateur estime que ces propos enfreignent les articles 1 et 2 du Code de déontologie du journaliste au Mali, lesquels rappellent que « le journaliste est tenu au respect de la vérité » et qu’il doit publier « uniquement des informations vérifiées » ou accompagner toute donnée incertaine « des réserves qui s’imposent », ainsi que « rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte ».
La notification adressée aux distributeurs mentionne également des passages considérés comme relevant de l’apologie du terrorisme, de la diffamation envers les autorités, de l’incitation à la déstabilisation et de la diffusion de fausses nouvelles.
Dans son courrier, la HAC rappelle l’article 41 du décret fixant le cahier des charges des diffuseurs, qui impose de suspendre « immédiatement » un service étranger dès que le régulateur en fait la demande.
Les distributeurs ont été invités à appliquer la décision dès réception. Celle-ci est formalisée par le document référencé daté du 13 novembre et diffusé avec ampliations aux services de la Primature et aux structures techniques chargées du suivi.
Cette suspension intervient dans un paysage médiatique déjà marqué par plusieurs mesures similaires. RFI et France 24 avaient été suspendues en 2022 dans un contexte de désaccord sur la couverture de la situation sécuritaire. TV5Monde avait fait l’objet d’un retrait temporaire en 2024 après un différend portant sur un reportage jugé non conforme aux règles déontologiques. Le retrait de LCI et TF1 s’inscrit dans cette chronologie et prolonge l’action du régulateur dans un environnement où plusieurs contenus audiovisuels ont déjà conduit à des décisions fondées sur les textes encadrant la communication au Mali.
La HAC a précisé que la suspension de LCI et TF1 restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre.
MD/ac/Sf/APA







