Une mutinerie déclenchée dans le camp militaire de Kati, près de Bamako, le 18 août 2020, se transforme en coup d’État avec l’arrestation du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) et de plusieurs responsables de son gouvernement, mettant fin à son régime après plusieurs mois de crise politique.
Le mouvement du 18 août 2020 intervient dans un contexte de forte contestation du pouvoir. Depuis plusieurs semaines, le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) mobilise des milliers de Maliens et réclame notamment la démission du chef de l’État, dénonçant la gouvernance du pays et la situation sécuritaire.
Le 18 août, des militaires prennent le contrôle du camp Soundiata-Keïta de Kati avant de se diriger vers Bamako. Plusieurs responsables civils et militaires sont arrêtés au cours de la journée.
Ibrahim Boubacar Keïta et le Premier ministre Boubou Cissé sont interpellés, puis conduits à Kati. L’Union africaine et les Nations Unies condamnent immédiatement la prise de pouvoir par la force et demandent la libération du président ainsi que le rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Dans la nuit du 18 au 19 août, IBK annonce à la télévision nationale sa démission, ainsi que la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale. Il explique cette décision par sa volonté d’éviter un affrontement susceptible de provoquer davantage de victimes.
Le 19 août, les militaires annoncent la création du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et affirment prendre en charge la conduite de la transition. Le colonel Assimi Goïta apparaît alors comme l’une des principales figures du nouveau pouvoir militaire.
La chute d’IBK ouvre une nouvelle période politique au Mali. Une transition civile est ensuite mise en place sous la présidence de Bah N’Daw, avec Assimi Goïta comme vice-président, avant que ce dernier ne prenne directement la tête de la transition à la suite du changement de pouvoir de mai 2021.
Le 18 août 2020 constitue ainsi une date charnière de l’histoire contemporaine du Mali et marque le début d’une longue période de transition militaire dans un pays déjà confronté à une profonde crise sécuritaire et politique.
Sf/APA







