Visite du Roi Felipe chez les Espagnols qui constituent déjà la première communauté européenne de visiteurs en Égypte, un marché que les autorités du Caire souhaitent dynamiser grâce à cette visibilité accrue.
La première visite officielle d’un monarque espagnol en Égypte a marqué une étape majeure dans les relations entre Madrid et Le Caire. Du 16 au 19 septembre, le roi Felipe VI et la reine Letizia ont effectué un séjour de quatre jours placé sous le signe de l’amitié, illustrant la volonté partagée d’approfondir leur partenariat stratégique.
Accueilli avec les honneurs par le président Abdel Fattah Al-Sissi, le souverain espagnol a souligné que ce déplacement « consacre un nouveau chapitre » dans les relations bilatérales, quelques mois seulement après la visite d’État du président égyptien en Espagne. Pour Al-Sissi, il s’agit d’une confirmation du caractère « solide et durable » des liens entre les deux pays, renforcés par la signature, en février 2025, d’une déclaration de partenariat stratégique.
L’agenda de la visite a mêlé diplomatie politique, dialogue économique et coopération culturelle. Sur le plan économique, un Forum d’affaires égypto-espagnol a réuni responsables et chefs d’entreprises, débouchant sur la signature d’un « Partenariat pour le Développement 2025-2030 ». Cet accord vise à doubler le volume des échanges commerciaux – évalués aujourd’hui à 3,1 milliards de dollars (environ 2,9 milliards d’euros) – et à stimuler des investissements espagnols déjà estimés à 900 millions de dollars (près de 840 millions d’euros). Les secteurs ciblés incluent les énergies renouvelables, les infrastructures, le transport maritime et la transformation numérique.
La dimension culturelle, très présente au cours de la visite, a conduit le couple royal dans plusieurs sites pharaoniques emblématiques, du Caire à Louxor, en passant par les pyramides de Guiza. Ils ont également rencontré des équipes archéologiques espagnoles engagées dans des fouilles en Égypte, un domaine où la coopération bilatérale est ancienne et dynamique.
Sur le plan régional, le roi Felipe VI a accordé une place centrale à la crise humanitaire à Gaza. Appelant à la fin du blocus et à la relance d’un processus politique vers une solution à deux États, il a dénoncé « la souffrance insupportable » de la population palestinienne et salué les efforts diplomatiques de l’Égypte pour favoriser une désescalade. Madrid, qui a reconnu l’État de Palestine en mai 2024, s’affirme comme l’une des voix les plus critiques à l’égard de la politique du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, au sein de l’Union européenne.
Selon l’analyste Tarek Fahmy, cette visite relève d’une « diplomatie douce » : le roi, limité constitutionnellement dans ses prérogatives, a surtout envoyé un signal symbolique fort. Elle reflète une complémentarité géopolitique assumée : Le Caire perçoit Madrid comme un pont vers l’Europe, tandis que l’Espagne considère l’Égypte comme une passerelle naturelle vers l’Afrique et le monde arabe.
MK/ac/APA







