Colonisation, luttes ouvrières, rivalités panafricaines et guerre dans la Corne de l’Afrique : le 12 mai retrace plusieurs tournants majeurs de l’histoire politique et sociale du continent africain.
Le 12 mai illustre plusieurs dynamiques majeures de l’histoire africaine contemporaine : l’expansion coloniale française dans le Sahara, l’émergence des luttes syndicales africaines, les débats sur l’unité politique du continent et les conflits frontaliers hérités de la période postcoloniale.
Le 12 mai 1903, l’administrateur colonial français Xavier Coppolani engage officiellement la structuration du protectorat français en Mauritanie. Paris cherche alors à sécuriser les routes commerciales sahariennes et à relier ses possessions d’Afrique de l’Ouest aux territoires du Maghreb. La stratégie dite de « pénétration pacifique » combine alliances avec certaines autorités religieuses locales et opérations militaires contre les résistances tribales. Malgré cette approche graduelle, la conquête complète de la Mauritanie prendra encore plusieurs années, notamment face aux oppositions dans l’Adrar et le nord saharien.
Le 12 mai 1947 commence la grande grève des cheminots du réseau Dakar-Niger, considérée comme l’un des plus importants mouvements ouvriers de l’Afrique coloniale française. Des milliers de travailleurs du Sénégal, du Soudan français (actuel Mali), de la Côte d’Ivoire et du Dahomey réclament l’égalité des salaires et des droits avec les employés européens. Pendant plusieurs mois, la paralysie du trafic ferroviaire fragilise l’administration coloniale. Le mouvement devient un symbole des revendications sociales africaines et inspirera plus tard le roman Les Bouts de bois de Dieu de l’écrivain sénégalais Ousmane Sembène.
Le 12 mai 1961, plusieurs États africains réunis autour du groupe de Monrovia poursuivent leurs consultations diplomatiques sur l’avenir du continent indépendant. Ce courant, porté notamment par le Libéra, le Nigéria, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, défend une coopération progressive entre États souverains plutôt qu’une fédération politique immédiate. Face au groupe de Casablanca de Kwame Nkrumah, partisan d’une union politique rapide de l’Afrique, le groupe de Monrovia finira par imposer une approche plus intergouvernementale qui influencera durablement la future Organisation de l’unité africaine (OUA) créée en 1963.
Le 12 mai 2000, l’armée éthiopienne déclenche une vaste offensive contre les positions érythréennes durant la guerre entre l’Éthiopie et l’Érythrée, commencée en 1998 autour du différend frontalier de Badmé. Les combats, particulièrement violents, provoquent des dizaines de milliers de morts et des déplacements massifs de populations dans la Corne de l’Afrique. L’offensive éthiopienne de mai 2000 modifie profondément le rapport de forces militaire et accélère les négociations qui mèneront quelques semaines plus tard aux accords de cessez-le-feu d’Alger.
Sf/APA






