Pour la première fois, le Kenya a intégré à une grande enquête nationale de santé une mesure de la croissance, de l’apprentissage et du développement des enfants de moins de cinq ans — une initiative susceptible de transformer profondément la conception et la mise en œuvre des politiques d’accompagnement de la petite enfance dans le pays.
Les premières années de vie sont unanimement reconnues comme la période la plus déterminante pour le développement du cerveau. La qualité des soins bienveillants reçus durant cette phase — bonne santé, nutrition adéquate, sécurité, soins attentifs et éveil précoce — conditionne la trajectoire de développement de l’enfant et sa capacité à réaliser pleinement son potentiel.
Le Bureau national des statistiques du Kenya a achevé plus tôt cette année la collecte de données auprès de 30 000 ménages répartis dans 1 000 communautés à travers le pays. Parallèlement aux indicateurs de santé habituels, l’enquête a intégré les Échelles mondiales pour le développement précoce (GSED) de l’Organisation mondiale de la santé, un outil conçu spécifiquement pour évaluer le développement global des enfants de la naissance à l’âge de trois ans, en prenant en compte non seulement leur santé physique, mais aussi leur développement cognitif, langagier et social.
L’outil a été adapté au contexte kenyan, traduit dans les langues locales et administré à l’aide de cartes illustrées simples et attrayantes. En complément, l’Indice de développement de la petite enfance 2030, conçu par l’UNICEF, a également été intégré à l’enquête pour évaluer le développement des enfants de trois à cinq ans. Ensemble, ces deux instruments offrent une couverture complète du développement de la petite enfance, de la naissance à cinq ans.
« Les retours des agents de collecte ont confirmé que les mères ont réagi positivement aux cartes illustrées, simples et engageantes, créant un climat de confiance propice à une collecte de données efficace », a indiqué le Dr Makeba, responsable technique de l’OMS au Kenya pour la santé de l’enfant.
L’OMS a également contribué au renforcement des capacités du Bureau national des statistiques, du ministère de la Santé et de leurs partenaires, grâce à des formations dédiées à l’utilisation de l’outil, permettant aux équipes de terrain de le déployer avec succès sur l’ensemble des sites d’enquête. Le Bureau national des statistiques a ensuite relayé cette formation auprès de 150 agents de collecte déployés dans les 47 comtés du pays.
Une fois analysés, les résultats devraient offrir aux autorités kenyanes une vision plus précise que jamais de l’état de développement des enfants — ceux qui s’épanouissent comme ceux qui accusent des retards — et, surtout, des raisons qui l’expliquent.
Cette enquête, officiellement désignée sous le nom de Kenya Mini Demographic and Health Survey 2025/26, a été conçue comme un bilan de santé intermédiaire entre l’Enquête démographique et de santé du Kenya de 2022 et la prochaine enquête nationale complète. Elle a également collecté des données de santé plus larges auprès de femmes âgées de 15 à 49 ans, portant notamment sur la santé maternelle et infantile, la planification familiale, la santé reproductive, la couverture maladie et les violences domestiques.
L’analyse des résultats est actuellement en cours. Les données recueillies devraient directement éclairer les politiques nationales et les décisions budgétaires, en dotant les décideurs d’outils pour orienter les ressources là où les enfants en ont le plus besoin.
« L’OMS est fière de faire partie de cette démarche et attend avec intérêt les résultats finaux et les perspectives qu’ils ouvriront pour améliorer la santé et le bien-être des enfants à travers le Kenya », a déclaré le Dr Neema Rusibamayila Kimambo, représentante par intérim de l’OMS au Kenya.
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