Les acteurs publics, privés et techniques du secteur de l’élevage se sont réunis le lundi 22 décembre 2025 à Dakar à l’occasion d’un atelier national multi-acteurs consacré à la validation des programmes de formation des formateurs du Programme national de développement intégré de l’élevage au Sénégal, phase 1 (PNDIES-P1).
Organisé par l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR), en partenariat avec le PNDIES-P1 et la Fondation rurale de l’Afrique de l’Ouest (FRAO), avec l’appui du Global Center on Adaptation (GCA) et de la Banque africaine de développement (BAD), cet atelier s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d’un programme initié par l’État du Sénégal pour répondre aux principaux défis du secteur de l’élevage. Ceux-ci concernent notamment la faible productivité, l’insuffisance des ressources alimentaires, le déficit d’équipements et d’investissements, la faible structuration des acteurs, ainsi que les impacts croissants des changements climatiques.
Le PNDIES-P1 vise également à promouvoir l’emploi des jeunes et des femmes à travers des chaînes de valeur compétitives, notamment le bétail-viande, le lait, l’aviculture, les cultures fourragères et l’apiculture. Soutenu par la BAD et le GCA, le programme ambitionne de faire de l’élevage un levier de souveraineté alimentaire, de réduction de la pauvreté et de transition vers une économie durable.
Dans ce cadre, l’IPAR a été mandatée pour conduire une mission stratégique de la première phase du programme, axée sur l’identification et la formulation de mécanismes opérationnels de renforcement des capacités des jeunes et des femmes, en vue de favoriser leur autonomisation dans un secteur de l’élevage moderne, inclusif et résilient.
L’atelier avait pour objectif principal de valider, avec des experts du domaine, les programmes de formation de formateurs en élevage climato-intelligent. Ces programmes sont destinés à préparer de futurs jeunes et femmes éleveurs-entrepreneurs engagés dans les filières prioritaires du PNDIES-P1, tout en favorisant la mutualisation des initiatives existantes et la mise en place d’un dispositif national intégré de formation.
Ouvrant les échanges, le coordonnateur du PNDIES-P1, Dr Dame Sow, a rappelé les ambitions sociales du programme. « L’objectif de ce programme, en dehors de la souveraineté alimentaire, en termes d’emploi pour les jeunes, consiste à promouvoir la création d’emplois décents et de sources de revenus décents et durables pour les jeunes et les femmes », a-t-il souligné.
De son côté, la directrice exécutive de l’IPAR, Dr Laure Tall, a insisté sur la nécessité d’intégrer la dimension climatique dans la mise en œuvre du programme. « L’IPAR a été sollicitée par l’organisation internationale Global Center on Adaptation, avec d’autres organismes partenaires, pour s’assurer que l’adaptation au changement climatique est intégrée dans la mise en œuvre du projet du PNDIES-P1 », a assuré Dr Tall.
Elle a précisé que plusieurs études préalables ont été menées, portant sur le paysage climatique et les politiques d’élevage au Sénégal, révélant l’existence d’initiatives performantes mais insuffisamment sensibles aux enjeux climatiques. « Donc, avec le PNDIES, le défi est d’intégrer le facteur climat dans la mise en œuvre du programme. Pour cela, nous avons fait une évaluation des opportunités d’emploi pour les jeunes et les femmes dans différentes filières, en particulier la filière bétail/viande, la filière lait, la filière avicole, apicole et la filière des cultures fourragères. »
Intervenant au nom de la FRAO, le Professeur Cheikh Ly, docteur vétérinaire, a mis en avant l’importance d’une approche entrepreneuriale dans la formation des jeunes. « Il faudrait que, dans un temps limité, ces jeunes puissent disposer de connaissances de base afin d’être mis en contact avec des techniques et innovations relatives aux filières spécifiques, et que, sur cette base, ils puissent être en mesure de développer un modèle d’affaires, c’est-à-dire comprendre comment s’organiser pour produire et gagner de l’argent. »
Il a souligné que ce modèle pourrait aboutir à l’élaboration de plans d’affaires permettant aux jeunes d’accéder à des financements et de s’insérer durablement dans le sous-secteur de l’élevage.
Les travaux de l’atelier se sont appuyés sur plusieurs études conduites par l’IPAR, dont une revue de littérature sur le marché du travail dans l’élevage, une analyse des vulnérabilités climatiques du secteur, des retours d’expériences de projets similaires, ainsi qu’une étude CAP (Connaissances, Attitudes et Pratiques) menée auprès de 1 348 ménages, complétée par des visites de terrain.
À l’issue des échanges, les participants ont contribué à l’amélioration et à la validation consensuelle des modules de formation en élevage climato-intelligent, couvrant notamment l’entrepreneuriat fourrager, l’aviculture rurale adaptée au climat, la production laitière climato-intelligente et l’apiculture. Ces modules visent à accroître la productivité tout en limitant l’empreinte environnementale des activités d’élevage.
Les résultats attendus portent sur la validation finale des modules de formation, la mobilisation d’acteurs stratégiques autour des priorités du PNDIES-P1, l’identification de pistes de renforcement des capacités et l’élaboration d’un plan de partenariat.
RNK/Sf/APA





