Le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a défendu, jeudi, la fermeté des autorités contre l’orpaillage illégal, estimant que le panafricanisme et la solidarité entre pays africains ne devaient pas être interprétés comme des signes de faiblesse face aux activités qui portent atteinte aux ressources naturelles du pays.
S’exprimant devant des ambassadeurs accrédités en Guinée, le chef de la diplomatie a rappelé que le président Mamadi Doumbouya concevait le panafricanisme comme une solidarité entre les États du continent, illustrée notamment par le refus de Conakry de participer aux sanctions de la Cédéao contre le Mali.
« Ils ont confondu le panafricanisme du président, le panafricanisme de la Guinée, ils l’ont confondu à la faiblesse », a déclaré Morissanda Kouyaté, évoquant le retour de ressortissants étrangers dans les zones aurifères après leur reconduite dans leurs pays d’origine.
Le ministre a expliqué que les autorités guinéennes avaient été alertées par les populations de Siguiri sur les conséquences de l’exploitation aurifère incontrôlée. Il a notamment évoqué l’utilisation de cyanure, la déforestation, la destruction de la faune et la dégradation des cours d’eau.
Selon lui, ces pratiques compromettent également les efforts engagés par le gouvernement pour préserver l’environnement, notamment dans le cadre du projet Simandou 2040, dont la réalisation repose sur des exigences environnementales strictes.
Morissanda Kouyaté a par ailleurs rappelé que l’interdiction de l’exploitation clandestine de l’or ne constituait pas une mesure nouvelle, faisant état d’arrêtés conjoints signés en 2015. Il a insisté sur la nécessité de faire respecter la législation nationale, indépendamment de la nationalité des personnes impliquées.
Le ministre a cité l’interpellation de 249 ressortissants chinois et de 409 Burkinabè, ainsi que d’autres personnes originaires notamment du Mali, de Côte d’Ivoire, du Togo, du Ghana, du Niger, du Bénin, du Vietnam, de l’Inde, de la Sierra Léone et du Cameroun.
Il a également indiqué que des ressortissants étrangers avaient été remis à leurs représentations diplomatiques, après les procédures engagées par la justice guinéenne. Parmi les infractions évoquées figurent l’exploitation minière illégale, la dégradation de l’environnement, l’exercice d’une activité professionnelle sans autorisation et la traite des êtres humains.
Le chef de la diplomatie guinéenne a assuré que le traitement de ces dossiers avait été confié aux canaux diplomatiques, conformément aux orientations du président Doumbouya, afin de préserver les relations avec les pays concernés.
Les représentants du Maroc et de l’Union européenne ont, pour leur part, salué la tenue de cette séance d’information. Ils ont notamment souligné l’importance de la protection de l’environnement et de l’exploitation des ressources minières dans un cadre légal, tout en exprimant leur soutien aux initiatives de coopération avec la Guinée.
La rencontre visait à présenter aux diplomates la position des autorités guinéennes sur les mesures prises contre l’orpaillage illégal et la situation des ressortissants étrangers interpellés dans les zones aurifères.
AC/Sf/APA





