Porté par un consortium panafricain, le programme a permis d’ancrer davantage la recherche agricole dans les politiques publiques tout en renforçant la résilience des acteurs ruraux.
Le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (CAADPXP4 ) a livré en cinq ans des résultats jugés « substantiels » par ses acteurs. Innovations technologiques, renforcement institutionnel, inclusion des jeunes et des femmes : les acquis sont multiples et interpellent sur la nécessité de prolonger cette dynamique.
« La véritable mesure de CAADP-XP4 ne réside pas seulement dans les activités mises en œuvre, mais dans l’impact tangible sur les institutions et les communautés que nous servons », a déclaré le Dr Aggrey Agumya, Directeur exécutif du Forum pour la recherche agricole en Afrique (Fara).
Poursuivant, il a souligné l’importance de transformer les résultats en « récits convaincants et fondés sur des preuves pour éclairer les politiques et orienter les futurs programmes. »
Financé par l’Union européenne à travers le programme DeSIRA et supervisé par le Fonds international de développement agricole (Fida), le projet a permis de développer des innovations technologiques, de renforcer les capacités institutionnelles et d’outiller les acteurs face aux défis du changement climatique.
« Nous avons développé des semences résistantes au changement climatique, introduit des pratiques agroécologiques, renforcé la conservation de l’eau et des sols, tout en consolidant les capacités des institutions partenaires dans 23 pays », a expliqué Emmanuel Ndukwe, Directeur de la recherche et de l’innovation du Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (Coraf).
Au Sénégal, le projet a permis d’élargir les compétences de nombreux acteurs. « Chercheurs, groupements de femmes et ONG ont été formés à la mobilisation de ressources, à la gestion et au partage des connaissances, ainsi qu’à l’évaluation des technologies climato-intelligentes », a précisé la Dr Mame Fama Ndiaye, chercheure à l’ Institut Sénégalais de Recherche Agricole (Isra) et point focal du projet.
Selon elle, « les résultats attendus ont parfois été dépassés, puisqu’ils servent déjà de tremplin pour d’autres projets. »
Le projet de 5 ans s’étend de mars 2019 à décembre 2024 et est mis en œuvre par un consortium de cinq organisations de recherche et d’innovation agricoles : le Forum africain pour les services de conseil agricole (AFAAS, sigle anglais), le Fara, l’Association pour le renforcement de la recherche agricole en Afrique orientale et australe (Asareca, sigle anglais), le Centre de coordination de la recherche et du développement agricoles pour l’Afrique australe (CCARDESA) et le Coraf.
Cette dynamique collaborative a permis de mobiliser des ressources inattendues. « Grâce à ce projet, nous avons pu développer de nouveaux programmes, notamment un projet financé par l’Union européenne sur l’agroécologie », souligne le responsable du Coraf, qui évoque également des financements complémentaires de la Banque mondiale et de la coopération suisse. « Nous ne pouvons pas tout réaliser en cinq ans »
Malgré ces succès, les responsables restent lucides sur les défis à relever. « En cinq ans, il est évident que nous ne pouvons pas tout réaliser. Nous cherchons donc à capitaliser sur ce qui reste à faire pour envisager une prolongation », a indiqué Emmanuel Ndukwe.
Il a invité les participants à ne pas considérer la fin du projet comme une clôture définitive, mais à penser à une phase 2 du CAADP-XP4, afin de combler les lacunes identifiées après analyse des résultats.
L’atelier de trois jours doit aboutir à la production d’un rapport documentant les changements significatifs observés et les recommandations pour l’avenir.
« À l’approche de la clôture du cycle de CAADP-XP4, les résultats que nous consignerons ici serviront de base pour la mise à l’échelle des innovations, l’approfondissement des partenariats et la conception de la prochaine génération de programmes », a conclu le représentant du Fara.
ARD/Sf/ac/APA





