Les avocats de l’ancienne ministre Laure Zongo/Hien ont plaidé vendredi à Ouagadougou l’absence de preuves matérielles dans le procès lié à l’affaire Yé Yaké Camille, demandant au tribunal de relaxer leur cliente poursuivie pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.
Le procès de Yé Yaké Camille et de ses co-prévenus s’est poursuivi avec les plaidoiries des avocats de l’ancienne ministre Laure Zongo/Hien, mise en cause dans ce dossier connexe pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.
Prenant la parole à la barre, Me Adama Kagoné, l’un des conseils de la prévenue, a estimé que l’accusation ne reposait sur aucun élément tangible. « Juridiquement, le dossier est totalement vide. Il n’y a aucun élément matériel », a-t-il affirmé, dénonçant un dossier construit, selon lui, sur des déclarations contradictoires et dépourvu de rigueur juridique.
L’avocat a soutenu qu’aucune preuve concrète ne permet d’établir les infractions reprochées à sa cliente. Il s’est notamment appuyé sur l’article 111-2 du Code pénal qui stipule que « la loi pénale est d’interprétation stricte » et que seuls les faits constituant une infraction au moment où ils ont été commis peuvent être sanctionnés.
Au cœur du dossier figure notamment un montant de 115 millions de F CFA destiné à l’achat de carburant. À la barre, le témoin Amidou Tiegnan a affirmé que cette somme aurait été partagée, précisant qu’il n’en aurait pas reçu sa part.
Pour Me Kagoné, ce témoin constitue « un témoin immaculé et providentiel pour le parquet », tout en soutenant qu’il « n’a pas dit la vérité ».
L’avocat a également rappelé que sa cliente nie catégoriquement avoir reçu des fonds d’Ismaël Ouédraogo ou lui avoir demandé l’acquisition de parcelles en son nom.
Selon la défense, un procès pénal ne peut conduire à une condamnation sur la base de suppositions ou de simples déclarations. Les avocats ont ainsi demandé au tribunal de renvoyer leur cliente des fins de la poursuite pour infractions non constituées.
Le ministère public avait requis contre Laure Zongo/Hien une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de 258 millions de F CFA, ainsi qu’un mandat de dépôt et la confiscation de ses biens à hauteur des montants présumés détournés.
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