La répression des manifestations contre la hausse des prix du carburant en Angola a fait 22 morts, 197 blessés et plus de 1 200 arrestations, selon un bilan officiel. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Homem, a confirmé la mort d’un policier lors des violences à Zango 4, alors que le pays est secoué par une vague de contestation sociale d’ampleur.
Le gouvernement angolais a annoncé un lourd bilan humain et matériel à la suite des manifestations déclenchées par l’augmentation du prix du carburant : 22 personnes tuées, 197 blessées et 1 214 arrestations recensées en seulement deux jours d’émeutes. Les violences ont touché Luanda et au moins six autres provinces du pays.
Parmi les victimes figure le sous-inspecteur Fernando Nelson Panda Bunga, tombé à Zango 4, dans la province d’Icolo e Bengo, lors d’une opération de dispersion de manifestants accusés de pillages et de destructions de biens publics et privés.
Le ministre de l’Intérieur, Manuel Homem, a exprimé « sa profonde tristesse et consternation » face à la perte du policier. « À la famille, amis et collègues endeuillés, nous adressons nos sentiments de chagrin et de solidarité les plus sincères face à cette perte irréparable qui nous laisse tous en deuil », a-t-il ajouté.
La flambée de colère sociale, née de la suppression des subventions sur les carburants ayant provoqué une hausse de plus de 30 % du prix du diesel, a entraîné la paralysie de plusieurs zones urbaines, notamment à travers des grèves des taxis‑minibus, des barrages de rues et des affrontements entre jeunes manifestants et forces de l’ordre.
Selon les autorités, 66 commerces ont été vandalisés et 25 véhicules endommagés. Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes, des tirs de sommation et, dans certains cas, des balles en caoutchouc. Des ONG comme Human Rights Watch et Amnesty International ont dénoncé l’usage disproportionné de la force contre des manifestants, y compris des mineurs.
Une enquête officielle a été ouverte pour établir les circonstances précises des violences, identifier les responsabilités et proposer des mesures d’apaisement. Le gouvernement dit vouloir « rétablir l’ordre public sans recourir à la brutalité », mais les critiques contre la répression sécuritaire se multiplient.
AC/Sf/APA






