Le gisement de fer de Ghar Djebilet, qui devait symboliser le « nouveau modèle » algérien risque de s’ajouter à la liste des grands projets annoncés mais jamais pleinement réalisés.
Présenté comme le « projet du siècle » par les autorités algériennes, le gisement de fer de Ghar Djebilet devait incarner la renaissance industrielle du pays. Mais derrière les annonces ambitieuses, les obstacles techniques, logistiques et financiers s’accumulent, jetant le doute sur la capacité à concrétiser cette promesse.
Le site, exploitable depuis les années 1960, n’a jamais dépassé le stade des discours politiques, en raison de la faible teneur en fer du minerai et de coûts d’exploitation élevés. Le lancement actuel prévoit une exploitation industrielle couplée à la création d’unités de transformation pour produire de l’acier localement. L’objectif affiché : réduire la dépendance aux importations et bâtir une filière sidérurgique intégrée.
Les travaux de la ligne ferroviaire reliant Béchar à Ghar Djebilet avanceraient « à un rythme soutenu » selon le gouvernement, mais aucun calendrier précis de livraison ni de financement complet n’a été communiqué. Les experts mettent en garde contre les surcoûts liés au contexte inflationniste mondial et aux contraintes énergétiques d’un site situé en zone désertique, où l’accès à l’eau et à l’électricité reste limité.
Le discours officiel promet des milliers d’emplois et une contribution majeure au PIB d’ici 2027, mais les précédents industriels algériens – souvent plombés par des retards et des dépassements budgétaires – incitent à la prudence. Pour certains économistes, l’insistance du président Tebboune à présenter Ghar Djebilet comme la clé de l’industrialisation masque le manque de diversification réelle et la dépendance persistante aux hydrocarbures.
En l’absence de partenariats technologiques solides et d’une gouvernance claire du projet, la perspective que ce gisement devienne enfin un moteur économique crédible reste incertaine. Ce qui devait symboliser le « nouveau modèle » algérien risque de s’ajouter à la liste des grands projets annoncés mais jamais pleinement réalisés.
MK/ac/Sf/APA





