Le gouvernement marocain s’apprête à lancer, d’ici 2026, une réforme structurelle des régimes de retraite -avec un accent sur la Caisse marocaine des retraites (CMR)-, afin d’assurer leur viabilité financière tout en préservant les droits acquis des affiliés.
La note d’orientation du projet de loi de finances 2026 met en évidence les déséquilibres croissants liés à l’augmentation du nombre de retraités au Maroc, au rallongement de l’espérance de vie et à un ratio actifs/retraités en baisse. Selon les projections, certaines caisses pourraient atteindre un déficit technique critique avant 2030 si aucune mesure n’est prise.
Parmi les scénarios envisagés figurent l’augmentation progressive de l’âge légal de départ à la retraite, l’harmonisation des taux de cotisation entre régimes, l’instauration d’un système à plusieurs piliers et la convergence progressive des régimes public et privé. Le gouvernement défend une réforme « graduelle et inclusive », associant partenaires sociaux et experts.
Les syndicats, tout en reconnaissant la nécessité d’agir, exigent des garanties sur le maintien du pouvoir d’achat des pensions et sur la non-remise en cause des droits déjà liquidés. Ils craignent que la réforme ne se traduise par un effort disproportionné des salariés, notamment dans la fonction publique.
Les économistes estiment que la réussite de cette réforme dépendra aussi de la performance des placements financiers des caisses et de la diversification de leurs sources de revenus. L’expérience d’autres pays montre que des ajustements paramétriques combinés à une gouvernance modernisée peuvent prolonger la soutenabilité des régimes sans choc social majeur.
La réforme des retraites, combinée au déploiement de la protection sociale universelle, pourrait redéfinir durablement le contrat social marocain.
MK/ac/Sf/APA





