Malgré une certaine résilience de l’économie algérienne, le FMI tire la sonnette d’alarme face à un déficit public élevé et appelle à un rééquilibrage budgétaire urgent pour préserver la stabilité macroéconomique.
Le Fonds monétaire international (FMI) a conduit sa mission annuelle de consultations à Alger du 16 au 30 juin, sous la direction de Charalambos Tsangarides, chef de la mission, dans le cadre de l’Article IV, pour évaluer la situation économique et budgétaire du pays. À l’issue de cette mission, un communiqué met en lumière des perspectives économiques globalement positives à court terme, tout en soulignant des déséquilibres budgétaires préoccupants.
L’économie algérienne, fortement dépendante des hydrocarbures, demeure vulnérable à la volatilité des prix mondiaux de l’énergie. La mission a constaté un ralentissement de la croissance économique, passée de 4,1 % en 2023 à 3,6 % en 2024, en grande partie dû aux réductions de production décidées par l’OPEP+, alliance regroupant l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d’autres grands producteurs. En parallèle, le secteur hors hydrocarbures a affiché une croissance dynamique de 4,2 %.
Le FMI met en garde contre les risques liés à la persistance de cette volatilité des prix des hydrocarbures et souligne la nécessité d’améliorer la gouvernance des entreprises publiques pour limiter les risques macrofinanciers.
Face à ces défis, l’institution recommande un rééquilibrage budgétaire progressif mais urgent, visant à contenir les besoins de financement, reconstituer les marges budgétaires et stabiliser la dette publique à moyen terme.
Par ailleurs, le FMI préconise le maintien d’une politique monétaire centrée sur la stabilité des prix ainsi qu’une plus grande flexibilité du taux de change, afin de renforcer la résilience de l’économie face aux fluctuations des cours pétroliers.
Parmi les priorités de réformes identifiées figurent l’élargissement de l’assiette fiscale, la rationalisation des subventions, l’amélioration de la gouvernance des entreprises publiques et le soutien à l’investissement privé.
Enfin, le FMI salue les progrès accomplis par les autorités algériennes, notamment dans la mise en œuvre de la loi organique budgétaire de 2018, de la loi monétaire et bancaire de 2023, ainsi que les efforts engagés en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le renforcement de la transparence dans le secteur public.
MB/ac/Sf/APA







