La visite du ministre français de la Justice Gérald Darmanin en Algérie remet au premier plan les discussions sensibles autour des biens mal acquis et de la coopération judiciaire entre Paris et Alger, dans un contexte diplomatique marqué par une volonté de relance du dialogue bilatéral.
Des échanges entre autorités françaises et algériennes, lors de la visite de Gérald Darmarin, ont principalement porté sur le renforcement de la coopération judiciaire et pénitentiaire entre les deux pays, avec une attention particulière accordée aux dossiers liés aux avoirs issus de la corruption. Selon les autorités algériennes, près d’une centaine de demandes ont été adressées à la justice française afin d’obtenir la saisie ou la restitution de biens et d’avoirs détenus en France et considérés comme liés à des affaires de détournement de fonds publics.
Ce dossier figure parmi les sujets les plus sensibles des relations franco-algériennes en raison de ses implications politiques, financières et judiciaires. Alger cherche depuis plusieurs années à accélérer les procédures de récupération d’avoirs placés à l’étranger dans le cadre d’affaires impliquant d’anciens responsables et hommes d’affaires poursuivis pour corruption. La coopération des juridictions françaises apparaît déterminante pour faire avancer ces procédures, souvent longues et complexes.
Les autorités françaises et algériennes doivent poursuivre leurs discussions à Paris autour des mécanismes de saisie, de confiscation et de restitution des avoirs. Les deux parties mettent en avant la nécessité d’une coordination technique étroite entre magistrats et services spécialisés afin d’éviter les blocages procéduraux et de renforcer la crédibilité des dispositifs de lutte contre la corruption transnationale.
Au-delà des questions financières, les discussions ont également porté sur la criminalité organisée et les réseaux de trafic de stupéfiants opérant entre l’Europe et l’Afrique du Nord. Paris et Alger affichent une volonté commune d’intensifier l’échange d’informations judiciaires et sécuritaires pour lutter contre les réseaux criminels transfrontaliers. Des demandes d’extradition réciproques auraient également été évoquées dans le cadre de cette coopération.
Cette visite intervient dans une période où les relations franco-algériennes cherchent à retrouver une dynamique plus stable après plusieurs mois de tensions politiques et mémorielles. La coopération judiciaire apparaît désormais comme l’un des principaux canaux de dialogue pragmatique entre les deux capitales, même si les dossiers des biens mal acquis demeurent politiquement sensibles des deux côtés de la Méditerranée.
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