Des entreprises privées égyptiennes sont accusées par des acteurs économiques libyens de prélever des frais non autorisés sur des marchandises destinées au marché libyen, relançant les tensions autour des circuits de contrôle commercial entre les deux pays.
La Chambre économique conjointe libyano-égyptienne a alerté les entreprises libyennes contre toute transaction impliquant des sociétés privées opérant en Égypte et imposant des prélèvements sur certaines cargaisons avant leur entrée en Libye. Dans un communiqué, l’organisation affirme que plusieurs sociétés réclament entre 150 et 700 dollars (entre environ 138 et 645 euros) pour des opérations d’inspection portant notamment sur le ciment, les peintures et les produits de nettoyage.
Selon la chambre, ces montants sont exigés en devises étrangères sans base réglementaire reconnue par les autorités des deux pays. L’organisation qualifie ces paiements de «prélèvements illégaux», précisant qu’ils ne sont versés ni au Trésor libyen ni aux administrations égyptiennes officielles. Cette situation alourdirait les coûts d’importation dans un contexte où la Libye reste fortement dépendante des approvisionnements extérieurs pour plusieurs produits industriels et de consommation.
Les autorités douanières libyennes ont également pris leurs distances avec ces pratiques. Elles ont indiqué ne reconnaître aucune procédure imposant des inspections préalables en Égypte avant l’exportation vers la Libye. Les contrôles techniques et sanitaires des marchandises importées sont, selon elles, réalisés exclusivement dans des laboratoires libyens après l’entrée des produits par les points de passage officiels.
Cette affaire intervient alors que les échanges commerciaux entre l’Égypte et la Libye connaissent une reprise progressive, portée par les besoins de reconstruction et par la proximité logistique entre les deux marchés. Les opérateurs économiques libyens redoutent toutefois que la multiplication de coûts additionnels non encadrés n’affecte la fluidité des flux commerciaux et ne provoque une hausse des prix sur le marché intérieur.
La Chambre économique conjointe indique avoir reçu plusieurs plaintes d’importateurs, de fournisseurs et de transitaires dénonçant ces charges supplémentaires. Elle affirme avoir transmis le dossier aux autorités compétentes en Libye, notamment au ministère de l’Environnement ainsi qu’aux services douaniers, afin d’obtenir des clarifications et des mesures de contrôle.
En réclamant une intervention rapide du gouvernement libyen, l’organisation estime que la question dépasse le seul cadre commercial et touche directement à la souveraineté économique du pays ainsi qu’à la régulation des circuits d’importation stratégiques.
MK/AK/Sf/APA






