Le 28 avril renvoie à deux moments marquants de l’histoire politique africaine : la disparition en 1964 de Sir Milton Margai, artisan de l’indépendance de la Sierra Léone, et la poursuite en 1994 des premières élections multiraciales en Afrique du Sud, symbole de la fin de l’apartheid.
La date du 28 avril rappelle, outre la disparition de Milton Margaï et les premières élections multiraciales en Afrique du Sud, des épisodes moins connus, notamment les avancées de la recherche contre la fièvre jaune et les grandes mobilisations ouvrières en Afrique de l’Ouest coloniale.
Le 28 avril 1964, Sir Milton Augustus Strieby Margai meurt à Freetown à l’âge de 68 ans, alors qu’il est encore Premier ministre de la Sierra Léone. Médecin de formation et fondateur du Sierra Leone People’s Party (SLPP), il avait conduit son pays à l’indépendance du Royaume-Uni le 27 avril 1961, devenant le premier chef du gouvernement du nouvel État.
Reconnu pour son style de gouvernance modéré et sa recherche du consensus interethnique, Milton Margai reste associé à une transition pacifique vers la souveraineté nationale. À sa mort, il est remplacé par son frère Albert Margai, dont le mandat s’inscrira dans un climat politique plus tendu.
Le 28 avril 1994, l’Afrique du Sud vit la deuxième journée de ses premières élections démocratiques ouvertes à toutes les communautés raciales. Le scrutin, organisé du 26 au 29 avril, voit des millions de citoyens noirs, métis et indiens voter pour la première fois après des décennies d’exclusion politique sous l’apartheid. Des files d’attente de plusieurs kilomètres sont signalées dans plusieurs townships, tandis que la Commission électorale indépendante prolonge les opérations pour permettre au plus grand nombre de participer.
La victoire finale de l’African National Congress (ANC), avec 62,65 % des voix, ouvre la voie à l’investiture de Nelson Mandela comme président le 10 mai 1994, consacrant la fin institutionnelle du régime ségrégationniste.
Parmi les faits moins connus liés au 28 avril figure aussi l’année 1937, lorsque le chercheur sud-africain Max Theiler met au point le vaccin contre la fièvre jaune à la Fondation Rockefeller de New York, une avancée majeure pour la lutte contre une maladie qui ravageait régulièrement l’Afrique tropicale. Ses travaux lui vaudront plus tard le prix Nobel de médecine.
Autre épisode souvent oublié : le 28 avril 1947 marque le début de la grande grève des cheminots d’Afrique occidentale française, qui s’étend du Sénégal au Mali, en passant par le Dahomey et la Côte d’Ivoire. Pendant plusieurs mois, des milliers de travailleurs des chemins de fer et des ports paralysent l’économie coloniale pour réclamer de meilleurs salaires et des droits sociaux, dans l’un des plus importants mouvements sociaux de l’histoire ouest-africaine.
Sf/APA







