Le 10 juillet 1978, la Mauritanie connaît son premier coup d’État depuis son indépendance avec le renversement du président Moktar Ould Daddah par un groupe d’officiers dirigé par le colonel Moustapha Ould Mohamed Saleck. Ce changement de pouvoir met fin à près de dix-huit années de régime civil et ouvre une longue période d’instabilité politique marquée par l’intervention de l’armée dans la gouvernance du pays.
Arrivé au pouvoir à l’indépendance de la Mauritanie en 1960, Moktar Ould Daddah dirige le pays jusqu’au coup d’État du 10 juillet 1978. Sous son régime, la Mauritanie est passée d’un État nouvellement indépendant à une République organisée autour du Parti du peuple mauritanien (PPM), devenu parti unique en 1964.
Le renversement intervient dans un contexte de profonde crise liée notamment à l’engagement militaire de Nouakchott dans la guerre du Sahara occidental, déclenchée après le retrait de l’Espagne du territoire en 1975. La participation mauritanienne au conflit contre le Front Polisario entraîne d’importantes difficultés économiques, militaires et sociales, fragilisant le pouvoir de Moktar Ould Daddah.
Dans la nuit du 10 juillet 1978, les militaires prennent le contrôle des principaux centres de pouvoir à Nouakchott. Le président est arrêté, tandis qu’un Comité militaire de redressement national (CMRN) est mis en place pour diriger le pays. Le colonel Moustapha Ould Mohamed Saleck devient le chef du nouveau régime.
Le coup d’État entraîne la suspension des institutions politiques en place et marque le début d’une période dominée par les régimes militaires. Plusieurs dirigeants issus de l’armée se succéderont ensuite à la tête de la Mauritanie avant le retour progressif à un processus démocratique dans les années 1990.
Le 10 juillet 1978 reste ainsi une date majeure de l’histoire contemporaine mauritanienne : elle symbolise la fin de l’ère Moktar Ould Daddah et le début d’une longue séquence d’intervention militaire dans la vie politique du pays.
Sf/APA







