Les investissements directs marocains en Afrique ont atteint un niveau record en 2024, confirmant la centralité du continent dans la stratégie économique extérieure du Royaume.
Les investissements marocains en Afrique ont culminé à 5 milliards de dirhams en 2024, représentant près de 20 % de l’ensemble des investissements directs à l’étranger (IDE) du Royaume, selon des données officielles communiquées par les autorités économiques. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité d’un repositionnement stratégique engagé depuis plus d’une décennie, faisant de l’Afrique subsaharienne un axe prioritaire de projection économique, financière et industrielle du Maroc.
Ces flux ont été orientés en priorité vers des secteurs à fort effet structurant. L’agriculture, pilier des politiques de sécurité alimentaire africaines, concentre une part significative des investissements, aux côtés de la banque, des énergies renouvelables et de l’économie verte. Cette répartition sectorielle traduit une logique d’ancrage de long terme, combinant rentabilité économique, coopération Sud-Sud et contribution aux objectifs de développement durable des pays partenaires.
Le secteur bancaire demeure le principal vecteur de cette présence économique. Les groupes bancaires marocains, aujourd’hui implantés dans plus de vingt pays africains, réalisent jusqu’à 40 % de leur chiffre d’affaires sur le continent. Cette performance reflète à la fois la maturité de leurs réseaux africains, la croissance soutenue des marchés financiers régionaux et le rôle croissant joué par ces établissements dans le financement des PME, des infrastructures et du commerce intra-africain.
Dans le domaine agricole, OCP Group s’impose comme un acteur central de la coopération maroco-africaine. En 2024, le groupe a exporté 2,8 millions de tonnes d’engrais vers plusieurs pays du continent, tout en accompagnant plus de 4 millions d’agriculteurs à travers des programmes de formation et de diffusion de pratiques agricoles adaptées aux sols africains. Cette approche intégrée vise à renforcer durablement les rendements, la résilience climatique et la souveraineté alimentaire.
Les investissements dans les énergies renouvelables et l’économie verte gagnent également en importance, portés par l’expertise marocaine en matière de solaire, d’éolien et de gestion durable des ressources. Ces projets répondent à une double exigence : soutenir la transition énergétique africaine et positionner le Maroc comme partenaire technologique de référence sur le continent.
Au-delà des chiffres, cette trajectoire confirme l’émergence du Maroc comme investisseur africain de premier plan. Elle traduit une stratégie assumée de co-développement, dans laquelle la performance économique s’articule avec des objectifs géopolitiques, sociaux et environnementaux, consolidant le rôle du Royaume comme hub financier et industriel entre l’Afrique, l’Europe et le reste du monde.
MK/AK/Sf/APA







