Le Conseil présidentiel libyen suspend temporairement la signature de nouveaux contrats pétroliers afin de renforcer le contrôle et la transparence du secteur.
Le chef du Conseil présidentiel libyen, Mohamed Menfi, a ordonné à la Compagnie nationale de pétrole (NOC) de ne conclure aucun nouvel accord concernant les champs pétroliers déjà en production. La directive, datée du 26 mars et confirmée par le bureau de presse de l’institution, s’inscrit dans le cadre du contrôle exercé par le Conseil sur les affaires économiques nationales et vise à garantir une gestion jugée plus rigoureuse des ressources naturelles.
Cette décision intervient dans un contexte de vigilance accrue autour de la gouvernance du secteur pétrolier. Mohamed Menfi a insisté sur la nécessité d’assurer une transparence maximale et de préserver les intérêts supérieurs du pays et des générations futures. Il a également exigé la transmission urgente de l’ensemble des documents relatifs aux accords antérieurs, incluant leurs fondements juridiques, techniques et économiques, afin de permettre un examen approfondi par les autorités compétentes.
Le Conseil présidentiel entend ainsi clarifier les conditions de négociation, les parties impliquées et les critères ayant conduit à la conclusion de ces contrats. L’objectif affiché consiste à renforcer la protection de l’économie nationale et à optimiser les retombées financières issues des ressources pétrolières, pilier central des finances publiques libyennes.
Ce repositionnement fait écho à une décision récente du Premier ministre Abdul Hamid Dbeibah, qui a annulé un accord entre la société Arknu et la société Gulf. Les autorités ont évoqué une controverse publique entourant cette entreprise ainsi que l’absence d’éléments jugés suffisants quant à la régularité des procédures et à la viabilité du projet.
La NOC avait pourtant indiqué que cet accord respectait les exigences techniques et juridiques, avec une contribution estimée à environ 1 milliard de dollars (près de 920 millions d’euros) pour le développement des champs pétroliers.
Ce durcissement intervient également après la divulgation d’un projet de rapport du Groupe d’experts du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Libye. Le document met en avant l’influence de certains acteurs armés sur le secteur pétrolier et évoque le rôle de la société Arknu dans des transferts financiers dépassant 3 milliards de dollars (environ 2,76 milliards d’euros). Ces éléments renforcent la volonté des autorités libyennes de reprendre la main sur un secteur stratégique, au cœur des équilibres économiques et politiques du pays.
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