A l’ouverture du Forum africain de l’économie sociale et solidaire (FORA’ESS), le Premier ministre sénégalais Mouhamadou Al Amine Lo a exhorté les États africains à faire de l’économie sociale et solidaire un levier de souveraineté économique, d’intégration continentale et de création d’emplois, en accélérant la mise en œuvre de la stratégie décennale de l’Union africaine.
Le Sénégal veut faire de l’économie sociale et solidaire (ESS) bien plus qu’un secteur d’activité : un nouveau paradigme de développement pour l’Afrique. C’est le message porté mardi par le Premier ministre Mouhamadou Al Amine Lo à l’ouverture officielle de la deuxième édition du Forum africain de l’économie sociale et solidaire (FORA’ESS), organisé à Dakar du 6 au 9 juillet.
Réunissant plus de 1 500 participants venus de 30 pays, dont plusieurs ministres africains, des responsables d’institutions internationales, des organisations de l’ESS et des partenaires au développement, la rencontre est placée sous le thème : « L’économie sociale et solidaire : moteur de transition, d’inclusion et de convergence en Afrique ».
Pour le chef du gouvernement sénégalais, ce forum intervient à un moment décisif. Après l’adoption par l’Union africaine de sa Stratégie décennale de l’économie sociale et solidaire (2023-2032), le défi est désormais de passer de la vision politique à des actions concrètes.
« Nous devons poser les jalons indispensables pour transformer nos défis en opportunités », a-t-il déclaré, en appelant les États africains à mettre en place des cadres juridiques harmonisés, des politiques publiques adaptées, des mécanismes de financement dédiés ainsi que des outils statistiques permettant de mesurer le poids réel de l’ESS dans les économies nationales.
Construire un modèle africain de développement
Au-delà des réformes institutionnelles, Mouhamadou Al Amine Lo a défendu une vision plus large : celle d’un modèle économique africain fondé sur les traditions de solidarité qui caractérisent les sociétés du continent.
Il a rappelé que les principes de l’économie sociale et solidaire s’inscrivent dans une longue histoire africaine, évoquant la Charte du Mandé de 1236 et la Charte de la Révolution torodo de 1776 comme des références historiques d’une économie basée sur le partage, la responsabilité collective et l’inclusion.
Selon lui, l’Afrique doit désormais cesser de reproduire des modèles extérieurs pour proposer sa propre trajectoire de développement, reposant sur la valorisation des ressources locales, la justice sociale et l’ancrage territorial.
L’ESS au cœur du Sénégal 2050
Le Premier ministre a rappelé que cette ambition s’inscrit pleinement dans l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, où l’économie sociale et solidaire occupe une place centrale.
Il a souligné que le président Bassirou Diomaye Faye a décrété 2026 Année de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire, avec pour objectif d’accélérer la création d’emplois décents, de renforcer les coopératives productives et de soutenir un développement davantage porté par les territoires.
Pour Dakar, le choix du Sénégal pour accueillir cette deuxième édition du FORA’ESS constitue également une reconnaissance du rôle joué par le pays dans la promotion des politiques publiques en faveur de l’ESS et dans l’opérationnalisation de la stratégie continentale.
Une gouvernance continentale de l’économie solidaire
Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité pour les pays africains de coordonner davantage leurs politiques afin de faire émerger un véritable marché africain de l’économie sociale et solidaire.
Il a notamment plaidé pour la création d’un Observatoire africain de l’ESS, chargé de mesurer les progrès réalisés, d’évaluer l’impact des initiatives solidaires et de favoriser le partage d’expériences entre les États.
Selon lui, cette gouvernance commune permettra de faire de l’ESS un pilier de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et un instrument majeur de transformation économique du continent.
À travers le FORA’ESS Dakar 2026, les autorités sénégalaises espèrent ainsi donner une nouvelle impulsion à un secteur qu’elles considèrent comme un levier stratégique pour répondre aux défis de l’emploi, de l’inclusion sociale, de la résilience économique et du développement durable en Afrique.
TE/APA







