La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) poursuit la modernisation des infrastructures de paiement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le système PI-SPI compte désormais 74 institutions financières.
Dans son Rapport annuel 2025, présenté mercredi à Dakar par le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, l’Institut d’émission met en avant les premiers résultats de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI), qui comptait 74 institutions financières connectées au 31 décembre 2025.
Mise en service en 2025, cette plateforme vise à lever les principaux obstacles au développement des paiements numériques dans l’Union. Jusqu’alors, les transactions électroniques étaient freinées par la fragmentation des systèmes de paiement, le manque d’interopérabilité entre les différents prestataires et des coûts de transfert souvent jugés élevés.
Avec PI-SPI, les clients des banques, des établissements de monnaie électronique et des institutions de microfinance peuvent désormais effectuer des transferts d’argent instantanés entre établissements différents, à tout moment, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
La plateforme repose sur plusieurs innovations destinées à simplifier les paiements tout en renforçant leur sécurité. Elle permet notamment l’utilisation d’un Alias, comme un numéro de téléphone mobile, pour envoyer ou recevoir des fonds sans avoir à renseigner des coordonnées bancaires complexes. Les transactions validées sont irrévocables et les échanges s’appuient sur la norme internationale ISO 20022, reconnue pour améliorer la sécurité, la traçabilité et l’interopérabilité des systèmes de paiement.
À la fin de l’exercice 2025, 74 établissements avaient rejoint la plateforme, dont 58 banques, 7 établissements de monnaie électronique et 9 institutions de microfinance, illustrant l’adhésion progressive des acteurs financiers à cette nouvelle infrastructure régionale.
Pour la BCEAO, PI-SPI constitue un levier stratégique pour accélérer l’inclusion financière et soutenir la transformation numérique des économies de l’UEMOA. En favorisant des paiements rapides, sécurisés et interopérables, la plateforme devrait contribuer à réduire l’utilisation des espèces, fluidifier les échanges commerciaux et améliorer l’accès des populations aux services financiers.
La Banque centrale entend désormais accélérer le déploiement de cette infrastructure en poursuivant ses actions de sensibilisation auprès des établissements financiers, des commerçants et du grand public afin d’encourager une adoption à grande échelle dans l’ensemble des huit États membres de l’Union.
TE/Sf/APA







