Le parti au pouvoir en Zambie et la présidence ont pris des mesures pour apaiser les tensions politiques croissantes suscitées par les appels à ce que le président Hakainde Hichilema reste au pouvoir au-delà de 2031, affirmant qu’il n’existe aucune proposition officielle visant à prolonger son mandat.
L’intervention du parti au pouvoir en Zambie autour d’un éventuel 3e mandat pour Hichilema fait suite à une série de déclarations publiques de partisans et de responsables de l’UPND -Party for National Development, suggérant que M. Hichilema pourrait briguer un troisième mandat ou rester en fonction au-delà de l’échéance actuelle. Ces propos ont alimenté les inquiétudes de l’opposition et de la société civile quant à l’avenir de la limitation du nombre de mandats présidentiels en Zambie.
S’exprimant jeudi à Lusaka, le porte-parole du président, Clayson Hamasaka, a qualifié ce débat de diversion détournant l’attention du programme de développement du gouvernement, exhortant les citoyens à se concentrer sur les enjeux auxquels le pays est confronté plutôt que sur les spéculations concernant un troisième mandat.
« Je peux assurer à tout le monde une chose : le président Hakainde Hichilema ne gouvernera pas le pays en se fondant sur les commentaires publiés sur les réseaux sociaux », a déclaré M. Hamasaka.
Il a ajouté que les citoyens souhaitant faire des propositions sur des questions d’intérêt national devraient les transmettre aux institutions gouvernementales compétentes ou à la présidence, tout en soulignant que l’administration n’entraverait pas les débats publics légitimes.
L’UPND a également tenu à se distancier de ces appels.
Le directeur de la communication du parti, Mark Simuuwe, a affirmé que ni le gouvernement ni M. Hichilema n’avaient avancé de proposition visant à supprimer la limitation des mandats présidentiels.
« Le choix du président de ne pas faire de commentaire doit être respecté. Son silence ne saurait être interprété comme un soutien ou une opposition aux divers points de vue exprimés », a déclaré M. Simuuwe.
Les inquiétudes concernant une éventuelle prolongation du mandat de M. Hichilema se sont intensifiées après que Florence Chama, députée nommée par l’UPND, a publiquement soutenu que les femmes souhaitaient voir le président rester au pouvoir au-delà de 2031.
Dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux lundi, Mme Chama a affirmé que le développement devait primer sur les considérations démocratiques. Ses propos ont été suivis de déclarations allant dans le même sens de la part de Chilufya Tayali, sympathisant de l’UPND, qui a soutenu que la suppression de la limitation des mandats présidentiels renforcerait la démocratie, ainsi que de Michael Chuzu, responsable du parti, qui a suggéré que M. Hichilema menait à son terme le projet politique d’Anderson Mazoka – défunt fondateur de l’UPND – et pourrait ensuite entamer son propre mandat.
Ces déclarations ont suscité un regain d’attention sur les garanties constitutionnelles de la Zambie.
L’article 106 de la Constitution stipule qu’« une personne ayant exercé deux fois la fonction de président n’est pas éligible à l’élection présidentielle ».
Par conséquent, en vertu de la Constitution actuelle, M. Hichilema – entré en fonction en 2021 et investi pour un second mandat le 1er septembre – ne peut briguer un nouveau mandat à l’issue de celui qui s’achèvera en 2031.
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