Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a condamné lundi les attaques répétées visant ses volontaires et son personnel en République démocratique du Congo, alors que la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola se poursuit dans plusieurs zones affectées.
Cent jours après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola en RDC, 12 volontaires ont été blessés au cours de 11 incidents violents, tandis que des ambulances ont été endommagées, dont une incendiée, et du matériel humanitaire détruit, selon un communiqué conjoint de la Croix-Rouge de la RDC, de la Croix-Rouge de l’Ouganda, de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Ces incidents interviennent dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la poursuite de la réponse à Ebola dans l’est et le nord-est de la RDC, ainsi que par des opérations transfrontalières entre la RDC et l’Ouganda. Les équipes de la Croix-Rouge participent notamment à la prise en charge des communautés affectées, à la prévention de la maladie et à l’organisation d’enterrements dignes et sécurisés.
Le 19 août, à Beni, dans le Nord-Kivu, trois volontaires engagés dans la riposte à Ebola ont été violemment agressés par un groupe d’individus. Ils ont été blessés et du matériel utilisé dans le cadre de l’intervention a été détruit.
La veille, le 18 août, deux autres volontaires ont été blessés alors qu’ils tentaient d’organiser un enterrement digne et sécurisé dans le village de Malikuti, dans la zone de santé de Rungu, au Haut-Uélé. Les deux victimes ont été évacuées vers Isiro pour recevoir des soins. Deux véhicules ont également été endommagés lors de l’incident.
Le 17 août, un convoi de la Croix-Rouge ougandaise engagé dans la riposte transfrontalière a, à son tour, été attaqué à Aru, dans la province de l’Ituri. Un membre de l’équipe a été grièvement blessé, tandis que deux ambulances ont été caillassées et vandalisées.
Une menace qui fragilise la riposte à Ebola
Pour les organisations du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ces violences ne constituent pas seulement une menace pour les travailleurs humanitaires. Elles compromettent directement la capacité des équipes à atteindre les populations exposées à l’épidémie.
« Chaque volontaire ou membre du personnel blessé, et chaque ambulance, véhicule ou équipement endommagé réduisent la capacité à fournir des services sanitaires et humanitaires d’urgence », soulignent-elles, estimant que ces incidents risquent de rendre plus difficile encore le contrôle de l’épidémie.
Dans les zones touchées, les volontaires jouent un rôle essentiel dans les opérations de terrain, notamment pour sensibiliser les populations, accompagner les familles, faciliter les enterrements sécurisés et acheminer une assistance aux personnes affectées.
Les attaques peuvent également perturber la confiance entre les communautés et les équipes de riposte, alors que l’adhésion de la population demeure un élément déterminant pour contenir une épidémie à virus Ebola.
Appel à la protection de l’action humanitaire
La Croix-Rouge de la RDC, la Croix-Rouge ougandaise, l’IFRC et le CICR ont exprimé leur solidarité aux volontaires et membres du personnel blessés ainsi qu’à leurs familles et aux équipes mobilisées dans la réponse.
Les quatre organisations appellent les communautés, les autorités locales, les leaders communautaires et l’ensemble des parties prenantes à respecter et protéger les travailleurs humanitaires et les volontaires.
Elles rappellent que les agents de santé et les personnels humanitaires doivent pouvoir accomplir leur mission sans être exposés à des violences, des menaces ou des intimidations.
Malgré ces incidents, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge réaffirme son engagement auprès des populations vulnérables en RDC et assure qu’il poursuivra son assistance humanitaire impartiale à toutes les personnes qui en ont besoin.
TE/Sf/APA






