Fidèle à son engagement citoyen et spirituel, la Communauté islamique Mouhammadiyyat (CIM) a lancé ce dimanche 26 juillet 2026 une vaste campagne de don de sang à Koumassi, une commune dans le Sud d’Abidjan.
Pour cette 14ᵉ édition de don de sang en Côte d’Ivoire, initiée par la Communauté islamique Mouhammadiyyat (CIM), l’organisation s’est fixé un objectif ambitieux : recueillir 1 000 poches de sang à travers ses différentes représentations en Côte d’Ivoire afin de soutenir activement les réserves nationales.
Déployée simultanément à Abengourou (à l’est du pays) ainsi que dans les communes abidjanaises de Koumassi et d’Abobo, cette opération marque le 14ᵉ anniversaire d’un engagement continu en faveur de la vie.
Selon l’imam Yéo Aboubacar, cette journée répond à l’appel du Messie Promis (A.S.), El Hadj Abdourahmane Ahmad Konaté. Elle puise également sa force dans les enseignements de la sourate 5 du Saint Coran, qui stipule que « quiconque sauve une vie sauve toute l’humanité ».
L’imam Yéo Aboubacar a tenu à rappeler une réalité médicale cruciale : malgré les avancées technologiques, le sang ne se fabrique pas.
« Face au manque de sang dans les formations sanitaires, le musulman doit faire don de ce que Dieu lui a donné gratuitement. Dieu nous l’a donné gratuitement ; nous devons donc pouvoir faire ce sacrifice », a-t-il plaidé.
Il a insisté sur le fait que le don d’une personne reste l’unique moyen de sauver une autre vie. La CIM n’en est pas à son coup d’essai. Son secrétaire général, Seydou Diallo, a indiqué que la communauté organise quatre campagnes par an, soit une par trimestre.
Cette régularité permet de récolter en moyenne 200 poches par session (environ 800 par an). « Depuis 14 ans que nous menons cette initiative, nous avons offert plus de 10 000 poches de sang à la communauté ivoirienne », s’est-il félicité.
Pour cette édition spéciale, la barre a été placée plus haut. Le site d’Abengourou a déjà enregistré un franc succès avec 604 poches collectées. Les sites de Koumassi et d’Abobo devront mobiliser leurs efforts pour réunir les 400 poches complémentaires nécessaires à l’atteinte de l’objectif global. M. Diallo a profité de l’occasion pour inviter les autorités à explorer de nouvelles approches de sensibilisation afin d’amplifier la participation populaire.
Sur le terrain, le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) salue cette initiative face à une demande en constante augmentation. Konaté Hamed, responsable de la section du CNTS de Port-Bouët, a rappelé l’importance de cet acte volontaire. Rien que pour les hôpitaux de Port-Bouët et de Koumassi, entre 600 et 700 poches de sang sont distribuées chaque mois aux patients.
Pour faciliter la tâche des bénévoles, le CNTS modernise ses méthodes grâce à des collectes mobiles et offre de nouveaux avantages aux donneurs. Désormais, chaque participant reçoit un kit alimentaire, une prime de transport et bénéficie d’un bilan de santé gratuit (incluant la détermination du groupe sanguin et un dépistage avec suivi médical si nécessaire). De plus, les donneurs réguliers profitent d’une couverture exclusive : une prise en charge sanguine gratuite pour eux-mêmes, leurs enfants, leurs parents et leur conjoint légal en cas de besoin.
L’engouement était perceptible chez les donneurs venus nombreux accomplir ce geste civique. « Donner son sang, c’est sauver des vies », a résumé Traoré Aminata, heureuse d’apporter sa contribution pour les malades.
Pour Bilal Ibrahim, ce geste relève du devoir de solidarité et d’une opportunité de faire le point sur sa propre santé : « Si Dieu nous donne la possibilité d’aider un autre être humain, il faut le faire. J’invite mes frères et mes sœurs à venir donner leur sang. »
Le don de sang reste soumis à des conditions strictes de santé et d’aptitude. Les donneurs doivent être âgés de 18 à 60 ans (jusqu’à 65 ans pour les réguliers qui donnent tous les deux mois), peser au moins 50 kilogrammes, être en bonne santé, et ne pas être en période de grossesse ou d’allaitement.
AP/Sf/APA







