Des praticiens du secteur de la santé, réunis à Abidjan, le 24 mai 2025, ont défini des approches garantissant l’accès et le financement des services de santé en Afrique, lors de l’édition 2025 du « Forum sur la santé et l’engagement. »
L’édition 2025 du Forum sur la santé et l’engagement, événement organisé par l’association Volontariat médical, a réuni notamment des spécialistes ainsi que des professionnels de la santé autour du thème : « Vers des solutions durables pour l’accessibilité et le financement des soins de santé en Afrique ».
M. Serge Marc Kouadio, coordinateur général du Forum sur la santé et l’engagement, a souligné que cet événement se veut un espace de « dialogue, un carrefour de compétences, mais surtout un acte d’engagement collectif. »
La rencontre a permis de débattre des problématiques liées à l’accès et au financement des services de santé en Afrique, mais surtout de poser les jalons d’une santé communautaire plus inclusive. Pour Marc Kouadio « c’est ensemble qu’on peut construire cette santé communautaire qui n’exclut personne ».
Sur le financement de la santé, les panélistes ont insisté sur l’importance de renforcer le financement domestique, c’est-à-dire les ressources collectées par l’État à travers les impôts, taxes et cotisations sociales.
Ce mode de financement permet de garantir une certaine souveraineté dans la gestion du système de santé et une meilleure prévisibilité budgétaire. Outre les financements étatiques, les panélistes ont souligné l’importance de mobiliser des ressources locales, à travers les collectivités territoriales, les communautés ou encore les organisations communautaires.
L’objectif est de diminuer le poids des paiements directs effectués par les ménages, qui constituent encore une barrière majeure à l’accès aux soins. Ce type de financement permettrait une meilleure implication des acteurs locaux et une prise en charge plus adaptée aux réalités des populations.
Par ailleurs, le recours au partenariat public-privé a été présenté comme une opportunité pour dynamiser le secteur de la santé. Pour les experts en santé, en s’associant avec le secteur privé, l’État peut bénéficier d’investissements supplémentaires, d’une expertise technique et d’une meilleure gestion dans certains domaines (infrastructures, équipements, services spécialisés).
Ce partenariat doit toutefois être bien encadré pour garantir l’équité et éviter une marchandisation excessive des soins. En Côte d’Ivoire, la principale perspective de financement de la santé est la Couverture maladie universelle (CMU) qui vise à garantir à chaque citoyen un accès aux soins de santé essentiels, sans difficulté financière.
Représentant le ministre de la Santé, le conseiller technique, M. Emmanuel Tanni, s’est félicité de ce que ce forum soit un espace de réflexions, mais aussi une source d’orientation stratégique. Pour lui, au-delà de la mission du ministère d’assurer l’accès à des soins de qualité pour les populations, il est « essentiel que ces soins soient aussi accessibles à tous. »
M. Tanni a énuméré les mécanismes mis en place dans ce sens, notamment la gratuité ciblée de certains services, la réduction des coûts pour la prise en charge de pathologies lourdes ou encore des conventions pour faciliter l’accès aux médicaments.
Il a précisé que ces efforts s’inscrivent dans « une démarche globale », celle de la Couverture maladie universelle (CMU), qui vise à garantir une prise en charge sanitaire pour la population et à éviter que les besoins de santé ne soient une cause d’appauvrissement.
Le Forum sur la santé et l’engagement constitue la seconde étape de la commémoration des 25 ans de l’association, après la Caravane « Santé pour Tous », organisée le 17 février 2025. La troisième sera marquée par un dîner gala ce 31 mai 2025.
AP/Sf/APA





