Le Maroc figure parmi les pays directement concernés par les conclusions d’un rapport publié en décembre par la Banque mondiale, consacré à l’évolution des dépenses publiques de santé dans les pays à revenu faible et intermédiaire inférieur. Inscrit dans la série Health, Nutrition and Population Discussion Paper, le document analyse les trajectoires budgétaires observées entre 2000 et 2024 et met en évidence un ralentissement durable de la progression des crédits sanitaires.
Selon l’institution internationale, la croissance des dépenses publiques de santé par habitant a nettement marqué le pas depuis la fin des années 2000. Cette inflexion résulte à la fois d’une stagnation de l’effort budgétaire et d’un recul de la priorité accordée au secteur de la santé dans de nombreux pays comparables. La Banque mondiale souligne que l’augmentation observée des dépenses sanitaires repose désormais essentiellement sur la progression du produit intérieur brut, sans rehaussement significatif de la part relative de la santé dans les budgets publics.
Pour le Maroc, engagé dans une transformation profonde de son système de protection sociale à travers la généralisation de la couverture médicale obligatoire, ces constats soulignent une tension structurelle. Le rapport observe que l’élargissement des droits sociaux s’opère dans un contexte budgétaire contraint, où la dynamique des ressources publiques ne permet pas d’absorber pleinement la hausse rapide des besoins en soins.
L’étude rappelle que la période 2000-2009 avait été marquée, dans une large partie du monde en développement, par une croissance soutenue des dépenses publiques de santé, portée à la fois par l’expansion économique et par une priorité politique accordée au secteur. Depuis 2009, cette trajectoire s’est essoufflée.
« Dans de nombreux pays, la santé a cessé de bénéficier d’un traitement budgétaire préférentiel, même lorsque les besoins sanitaires continuaient de croître », note la Banque mondiale, une évolution dans laquelle s’inscrit également le Maroc.
Sur le plan du financement, le rapport met en lumière les déséquilibres structurels propres aux pays à revenu intermédiaire inférieur. L’extension de la couverture médicale à des populations auparavant exclues entraîne une augmentation rapide de la demande de soins, sans que les recettes contributives ne progressent à un rythme comparable. La Banque mondiale souligne que l’élargissement des régimes au-delà de l’emploi formel génère des cotisations limitées, accentuant la dépendance à l’égard des transferts budgétaires de l’État.
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