Dix ans après l’adoption de la Résolution 2286 du Conseil de sécurité des Nations Unies, censée protéger les structures médicales en temps de guerre, Médecins sans frontières (MSF) alerte sur la recrudescence des violences visant les soins de santé sur le continent africain.
Les hôpitaux, ambulances et personnels soignants restent des cibles récurrentes dans plusieurs conflits africains, dix ans après l’adoption de la Résolution 2286 des Nations Unies sur la protection des soins de santé en période de guerre, a dénoncé Médecins sans frontières (MSF), pointant une banalisation alarmante de ces attaques.
L’organisation humanitaire cite notamment le bombardement, le 3 février 2026, de son hôpital de Lankien, au Soudan du Sud, par des frappes aériennes attribuées aux forces gouvernementales.
L’attaque a détruit la majeure partie des stocks médicaux et compromis la prise en charge des patients dans cette zone déjà fragile.
MSF rappelle également que les attaques contre les activités médicales prennent d’autres formes sur le continent : tirs sur des ambulances clairement identifiées, destruction d’infrastructures ou entraves à l’accès aux soins, notamment au Cameroun.
Ces violences privent des milliers de civils de services vitaux dans des contextes marqués par l’insécurité et les déplacements de populations.
Selon les données du système de surveillance de l’Organisation mondiale de la santé ( OMS), 1 348 attaques contre les soins de santé ont été recensées dans le monde en 2025, causant la mort de 1 981 personnes.
Pour MSF, plusieurs crises africaines illustrent l’échec persistant des engagements internationaux à protéger la mission médicale.
« Ce qui était autrefois considéré comme exceptionnel est désormais devenu courant », a déclaré le Dr Javid Abdelmoneim, président international de MSF, dénonçant un mépris croissant du droit international humanitaire.
L’ONG appelle les États africains et la communauté internationale à faire respecter la protection des structures médicales, à enquêter sur les violations et à mettre fin à l’impunité des responsables.
Selon elle, sans garanties sécuritaires, les systèmes de santé africains, déjà fragiles, continueront de payer un lourd tribut aux conflits armés.
ARD/te/Sf/APA







