Réuni le 8 octobre au palais de Carthage avec Brahim Bouderbala, président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), et Imed Derbali, président du Conseil national des régions et des districts, le chef de l’État tunisien a consacré les échanges à la situation sociale des citoyens, aux projets à caractère social et à la coordination entre les institutions publiques.
Selon un communiqué de la présidence tunisienne, Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité de dépasser l’adoption de textes législatifs pour traduire les revendications populaires en réalisations tangibles, notamment en ce qui concerne la reddition des comptes.
Le président a appelé les responsables publics à tous les niveaux à prendre la mesure des difficultés quotidiennes de la population et à s’attaquer aux causes des injustices. Il a également évoqué les obstacles entravant l’action publique, qu’il a présentés comme tantôt naturels, tantôt délibérés. Cette formulation, qui ne désigne aucun responsable ni mécanisme précis, laisse cependant ouverte la question des moyens retenus pour identifier ces blocages et en établir les responsabilités.
Sur le terrain de la reddition des comptes, Kaïs Saïed a présenté cette exigence comme une revendication légitime, en prenant soin de la distinguer d’une démarche de vengeance politique. Il a assuré qu’aucune immunité ni exception ne serait tolérée dans la révélation des faits.
Le communiqué officiel ne précise néanmoins ni les affaires concernées, ni les procédures envisagées, ni les garanties destinées à assurer l’impartialité des éventuelles investigations. L’effectivité de cette promesse dépendra donc de sa traduction dans des procédures transparentes, respectueuses du droit et applicables à tous.
Les déclarations présidentielles interviennent dans un contexte où les préoccupations liées au pouvoir d’achat, aux prix et aux conditions de vie occupent une place importante dans le débat public tunisien. Kaïs Saïed a récemment appelé à rationaliser les importations face à la flambée des prix, illustrant la volonté des autorités de mobiliser plusieurs leviers pour répondre aux tensions économiques.
Toutefois, les appels à la justice sociale ne suffisent pas, à eux seuls, à établir les résultats d’une politique publique : ceux-ci supposent des objectifs mesurables, des moyens identifiés et un suivi de leur exécution.
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