La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé la réalisation de sa première émission obligataire libellée en dirhams marocains, d’un montant d’un milliard de dirhams, dans le cadre de sa stratégie de développement des financements en monnaies locales en Afrique.
L’opération, réalisée sous la forme d’un placement privé auprès d’investisseurs qualifiés, porte sur une maturité de sept ans. Elle est assortie d’un taux d’intérêt variable indexé sur le Moroccan Overnight Index Average (MONIA), le taux de référence du marché monétaire marocain.
Cette émission vise à diversifier les ressources de financement de la Banque au Maroc, en intégrant le dirham à ses principales devises de mobilisation de fonds, aux côtés de l’euro et du dollar américain.
La BAD entend ainsi proposer à ses clients des solutions de financement mieux adaptées à leurs besoins et limiter leur exposition aux risques de change.
Au-delà de cette première opération, l’institution prévoit de constituer un portefeuille de trésorerie dédié au dirham, qui pourrait être alimenté notamment par la conversion d’une partie de ses liquidités en devises étrangères.
Le choix du Maroc pour cette initiative pilote s’explique par la solidité du partenariat entre le Royaume et la Banque, l’importance de son portefeuille d’opérations dans le pays et la demande des clients pour des financements en monnaie locale.
La maturité de l’écosystème financier marocain constitue également un facteur déterminant dans le lancement de cette nouvelle approche.
La Banque souhaite par ailleurs accompagner l’approfondissement du marché financier national, notamment à travers le développement des instruments de couverture et le renforcement de la liquidité du marché des produits dérivés.
Les enseignements de cette expérience pourraient servir de référence pour le déploiement de mécanismes similaires dans d’autres monnaies africaines.
La réalisation de l’opération a mobilisé plusieurs acteurs institutionnels et financiers marocains, notamment le ministère de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Bank Al-Maghrib et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC).Attijari Finances Corp est intervenue en qualité de banque conseil, tandis qu’Attijariwafa bank et CDG Capital ont assuré le placement de l’émission.
Pour la BAD, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer le financement des économies africaines dans leurs monnaies nationales et à réduire leur dépendance aux devises internationales.
Le Maroc, membre de la Banque africaine depuis sa création, est un partenaire historique de l’institution. Depuis 1978, la Banque africaine de développement a mobilisé près de 15 milliards d’euros pour financer plus de 150 projets au Royaume, dans des secteurs stratégiques tels que les transports, l’énergie, l’eau, l’agriculture et la protection sociale.
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