De l’Alibori au Littoral, les électeurs béninois se sont rendus aux urnes ce dimanche 12 avril 2026 pour choisir le successeur de Patrice Talon. Entre logistique maîtrisée et forte affluence, le scrutin s’est déroulé dans un calme remarquable sur l’ensemble du territoire.
Les rideaux sont tombés sur les bureaux de vote béninois à 16 heures précises. Ce dimanche, le Bénin a offert l’image d’une démocratie sereine. Selon les premiers retours des observateurs et de la presse locale, le pays a vibré au rythme d’une participation soutenue, marquée par un civisme frappant du nord au sud.
Dès l’ouverture à 7 heures, la Commission électorale nationale autonome (CENA) a démontré sa maîtrise opérationnelle. Aucun accroc majeur n’a été signalé : le matériel était en place et les agents électoraux prêts.
À Abomey-Calavi, la plus grande commune périphérique de Cotonou, l’effervescence était palpable dès l’aube. À l’EPP Gbodjè-Womey, les rangs s’allongeaient dans le silence. « Tout le dispositif était prêt. Les électeurs patientent en rang, on vérifie les cartes d’électeur et tout s’enchaîne sans la moindre dispute », témoigne Sèna, assesseur, soulignant la fluidité des opérations.
Le scrutin s’est adapté aux réalités de chaque terroir. À Zagnanado (Zou), c’est à la sortie des églises que les bureaux de vote ont été pris d’assaut. « Nous sommes venus accomplir ce que l’Évangile et la République nous demandent », confie Épiphane, son paroissien sous le bras.
Dans le Couffo, à Dogbo, c’est l’absence de marché qui a dicté le tempo. Nadège, revendeuse de pagnes, explique ce choix pragmatique : « Puisque les boutiques sont fermées, autant venir voter vite pour être libérée. Cet après-midi sera consacré au repos. »
Dans le Nord, l’affluence n’a pas faibli. De Parakou à Gah Maro (Pèrèrè), l’engagement était au rendez-vous. À Gogounou (Alibori), les électeurs ont dû ruser avec la météo. « À 13 heures, la chaleur commence à taper fort. Les paysans et les éleveurs sont tous venus à la fraîche », rapporte Bio, un cultivateur local.
Cette élection marque un tournant historique avec le retrait constitutionnel de Patrice Talon. Dans les zones agricoles, les promesses de campagne ont pesé lourd, notamment celles de l’ancien ministre de l’Économie, Romuald Wadagni. Son projet d’assurance retraite pour les exploitants agricoles semble avoir séduit, même si l’exigence reste de mise chez les paysans.
« On a écouté ce qu’il a dit pour nous, les travailleurs de la terre », glisse Bio, lucide, avant d’ajouter « le papier est différent du champ. Mais, celui qui va s’installer à la présidence, on l’attend sur les actes. »
Si l’impression visuelle suggère un taux de participation élevé, les regards sont désormais tournés vers la CENA. Les premières compilations officielles permettent de confirmer cette dynamique citoyenne qui a caractérisé la journée.
AP/Sf/APA







