Les pénuries de carburant et le renchérissement de la farine pourraient contraindre de nombreuses boulangeries libyennes à suspendre leur activité, tandis que le prix du pain demeure inchangé.
Le syndicat des boulangers libyens a averti que la hausse des coûts de production et les difficultés d’approvisionnement en carburant menaçaient la survie de nombreuses boulangeries, désormais confrontées au choix de produire à perte ou de fermer leurs portes.
Le chef du Comité suprême de surveillance des boulangeries au sein de l’Union des boulangers, Ali Bouazza, a indiqué aux médias locaux que les moulins et les boulangeries ne disposaient pas de quantités suffisantes de carburant pour faire fonctionner leurs générateurs électriques. Plusieurs exploitants sont ainsi contraints de s’approvisionner sur le marché parallèle, où les prix sont sensiblement plus élevés.
Cette situation résulte notamment de l’obligation imposée aux moulins et aux boulangeries de recourir à des générateurs plutôt qu’au réseau électrique public, dans le but d’alléger la pression sur celui-ci. Selon Ali Bouazza, cette mesure a conduit plusieurs moulins à suspendre leurs opérations, provoquant une contraction de l’offre de farine sur les marchés locaux.
Le prix d’un quintal de farine, soit 100 kilogrammes, est ainsi passé de 190 dinars libyens en janvier à 275 dinars actuellement, ce qui représente une augmentation de près de 45%. Parallèlement, les quantités disponibles ont diminué, accentuant les tensions sur l’ensemble de la chaîne de production du pain.
Le responsable syndical a précisé que le renchérissement concernait également la levure, l’huile de cuisson, le sel, le sucre, les produits de nettoyage, les pièces de rechange, les loyers et les sacs d’emballage. Malgré cette envolée généralisée des charges, le prix de vente d’une miche de pain est resté fixé à 0,33 dinar libyen.
Pour l’Union des boulangers, le maintien de ce tarif n’est désormais plus économiquement viable. Ali Bouazza a averti que les professionnels du secteur ne disposaient plus que de deux options: poursuivre la production en absorbant des pertes croissantes ou fermer définitivement leurs établissements. Une multiplication des fermetures risquerait d’aggraver les difficultés d’approvisionnement en pain, produit de première nécessité pour les ménages libyens.
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