Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) doivent transformer leurs ressources naturelles en emplois, en industries et en progrès social, a déclaré mardi le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, appelant à une meilleure maîtrise des richesses du sous-sol.
« Mais posséder des ressources ne suffit pas », a affirmé M. Ouédraogo à l’ouverture de la 8ᵉ édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), couplée à la première Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de l’AES (SEMH-AES), à Ouagadougou.
« Le véritable enjeu est de les connaître, de les sécuriser, de les transformer et d’en répartir équitablement les retombées », a-t-il ajouté.
Placée sous le thème de la gouvernance des ressources extractives et des enjeux géopolitiques, la rencontre réunit des responsables de l’AES, des experts, des investisseurs ainsi que des délégations africaines et internationales.
Pour le chef du gouvernement burkinabè, la souveraineté sur les ressources naturelles passe par quatre priorités : la sécurisation des territoires et des infrastructures, la transformation locale, la gouvernance et la maîtrise de l’énergie.
Il a notamment appelé au développement des industries de transformation et à une participation accrue des entreprises nationales aux marchés miniers et énergétiques.
« Il n’y a pas d’industrialisation sans énergie disponible, fiable et abordable », a-t-il souligné.
Le couplage de la SAMAO et de la SEMH-AES doit permettre, selon lui, de mutualiser les capacités des trois pays membres de l’AES et de construire des chaînes de valeur régionales.
M. Ouédraogo a appelé à traduire cette ambition en « projets communs », en infrastructures partagées et en investissements dans la recherche, la formation et l’innovation.
Les autorités de l’AES se sont également dites ouvertes aux investisseurs, à condition que les partenariats soient « transparents, équilibrés » et respectueux de la souveraineté des États.
Les investisseurs sont notamment appelés à favoriser la création de valeur locale, le transfert de technologies et de compétences, ainsi que le financement de l’industrialisation.
Le Premier ministre a par ailleurs exhorté les entreprises nationales à renforcer leurs capacités afin de capter une part plus importante de la valeur générée par les secteurs extractifs.
Il a appelé les jeunes à « se former, innover, entreprendre », estimant que les secteurs des mines, des hydrocarbures, de l’énergie et de la transformation industrielle constituent des domaines d’opportunités pour les ingénieurs, techniciens, chercheurs et entrepreneurs de l’AES.
La rencontre prévoit des panels, des sessions techniques, des rencontres d’affaires, des expositions et des visites de terrain. Les discussions porteront notamment sur la transformation des ressources minières, l’exploitation artisanale, l’électrification rurale et l’approvisionnement en hydrocarbures.
Le Premier ministre a dit attendre de ces échanges des propositions concrètes et des projets susceptibles d’accélérer la transformation industrielle et énergétique de l’espace AES.
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