Le week-end politique en Algérie a été marqué par une forte mobilisation des formations partisanes autour des élections législatives prévues le 2 juillet, dans un climat où la mémoire des massacres du 8 mai 1945 demeure un levier central du discours politique national.
Le Front de libération nationale (FLN) a réuni ses cadres afin d’évaluer l’état de préparation du parti pour les législatives à venir. Un rapport interne, validé par le secrétaire général Abdelkrim Benmbarek, met en avant une «évaluation exhaustive» de la gestion électorale du parti, avec l’objectif de consolider les acquis organisationnels obtenus après la restructuration des instances internes.
Le FLN affirme vouloir moderniser sa campagne électorale à travers de nouveaux mécanismes de gestion et une mobilisation élargie de ses structures locales. Cette démarche intervient alors que les autorités cherchent à renforcer la participation électorale dans un contexte marqué par une défiance persistante d’une partie de la population envers la classe politique.
La mémoire nationale a également occupé une place centrale dans les activités du Rassemblement national démocratique (RND). Son secrétaire général, Monder Bouden, a présidé un colloque consacré aux massacres du 8 mai 1945, épisode fondateur du récit national algérien contemporain.
Le discours du RND a aussi mis l’accent sur la souveraineté nationale et la préservation de la mémoire historique. «Les crimes commis le 8 mai 1945 nous rappellent la nécessité de préserver la mémoire nationale et de défendre la vérité et la justice dans toutes les instances internationales», a déclaré Monder Bouden.
Cette articulation entre mémoire historique, souveraineté et mobilisation électorale traverse également les autres formations politiques. Le Front El-Moustakbal a affirmé sa volonté de préserver «l’héritage des martyrs» tout en appelant à la consolidation d’une «Algérie forte et stable». Son président, Fateh Boutbig, a présenté la commémoration du 8 mai comme un moment de fidélité aux principes de la révolution algérienne.
À l’approche des législatives, les principaux partis algériens semblent ainsi articuler leur stratégie autour de deux axes complémentaires : la relance de la participation politique et la consolidation du récit mémoriel national. Cette dynamique intervient alors que les autorités cherchent à renforcer la légitimité institutionnelle dans un environnement régional et économique marqué par de multiples défis.
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