Michael Sang Correa, ancien membre des redoutés escadrons de la mort de l’ex-président gambien Yahya Jammeh, a été reconnu coupable mardi par un jury américain de torture sur des détenus politiques à la suite du coup d’État manqué de 2006.
À l’époque des faits, Correa servait dans l’armée gambienne. Il faisait partie des « Junglers », un groupe d’élite opérant directement sous les ordres de Jammeh, responsable de graves exactions : tortures, exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées et violences sexuelles.
Arrêté en juin 2020 aux États-Unis après avoir dépassé la durée de son visa, Correa a été jugé sous la loi extraterritoriale américaine sur la torture. Ce procès constitue une première, s’agissant d’un ressortissant étranger accusé de crimes commis hors du territoire américain.
Devant le tribunal, Correa a été reconnu coupable de six chefs d’accusation de torture et d’un chef de complot pour actes de torture. Il risque jusqu’à 20 ans de prison pour chacun de ces chefs, soit une peine maximale de 120 ans.
Selon l’acte d’accusation, les faits remontent à la répression brutale menée après le coup d’État raté de 2006. Des putschistes présumés ont été violemment torturés à la prison de Mile 2 et au siège de l’Agence nationale de renseignement (NIA) à Banjul.
Les méthodes décrites incluent des passages à tabac à l’aide de bottes militaires, de tuyaux, de fils électriques, de bâtons, ainsi que des électrocutions, des étouffements avec des sacs en plastique et même des agressions à l’acide.
Lors de l’ouverture du dossier, le procureur général adjoint du ministère américain de la Justice, Brian A. Benczkowski, avait dénoncé les « actes de violence odieux » de Correa, visant à extorquer des aveux par la terreur.
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