Le Ghana a lancé son premier Syndicat national des travailleurs informels des déchets, une initiative destinée à renforcer la reconnaissance et l’intégration des récupérateurs de déchets dans l’économie circulaire du pays.
L’Organisation des jeunes pour une Afrique verte (GAYO), en collaboration avec le gouvernement ghanéen et des partenaires au développement, a procédé lundi à Accra à l’inauguration du nouveau Syndicat national des travailleurs informels des déchets.
Placée sous le thème « De l’informalité à l’inclusion : reconnaître les travailleurs informels des déchets comme des acteurs essentiels de l’économie circulaire du Ghana », la cérémonie a réuni des représentants des travailleurs du secteur issus des 16 régions du pays, des responsables gouvernementaux, des partenaires au développement ainsi que des acteurs du secteur privé.
GAYO a indiqué que la création de ce syndicat marque l’aboutissement d’une campagne de cinq ans visant à organiser les récupérateurs de déchets à l’échelle nationale.
L’organisation a expliqué que l’initiative, partie d’une simple coopérative, s’est progressivement transformée en un mouvement national destiné à promouvoir la contribution environnementale et économique des travailleurs informels du secteur des déchets.
Selon GAYO, le syndicat offrira une plateforme commune permettant aux travailleurs informels des déchets de dialoguer avec le gouvernement, les collectivités locales, les industries et les partenaires au développement.
L’organisation précise que cette structure aura notamment pour mission de défendre de meilleures conditions de travail, un accès renforcé aux marchés, une protection sociale accrue, la santé et la sécurité au travail ainsi qu’une participation plus importante aux processus d’élaboration des politiques publiques.
Le ministre ghanéen du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle, le Dr Abdul-Rashid Pelpuo, a qualifié ce syndicat d’organisation légale au regard de la loi sur le travail de 2003.
Il a souligné que sa création est également conforme aux engagements du Ghana dans le cadre des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) relatives à la liberté syndicale.
« La création du Syndicat national des travailleurs informels des déchets constitue un exercice légal fondé sur les dispositions constitutionnelles et législatives. Le gouvernement reconnaît pleinement cette avancée importante », a déclaré le ministre.
Il a assuré que les autorités soutiendraient les efforts visant à garantir des environnements de travail plus sûrs, à renforcer le dialogue social et à promouvoir des opportunités d’emploi inclusives pour les travailleurs du secteur informel.
S’exprimant au nom de GAYO, Richard Matey a estimé que le lancement du syndicat était le résultat de plusieurs années de mobilisation et de collaboration.
« La reconnaissance nécessite une organisation. L’organisation nécessite une représentation. La représentation nécessite des partenariats. C’est cette compréhension qui a guidé le parcours qui nous a conduits jusqu’ici aujourd’hui », a-t-il déclaré.
M. Matey a indiqué que l’organisation poursuivrait ses efforts en faveur de la reconnaissance juridique des travailleurs, de leur intégration dans les systèmes municipaux et de l’élargissement de leurs débouchés économiques.
Il a ajouté que le renforcement des capacités du syndicat et l’amélioration de l’accès à la protection sociale figuraient parmi les priorités majeures.
Les autres objectifs comprennent l’élargissement des partenariats avec les assemblées métropolitaines, municipales et de district, ainsi que l’intégration des travailleurs du secteur des déchets dans le système ghanéen de responsabilité élargie des producteurs.
L’initiative bénéficie du soutien du Fonds d’innovation pour la mobilité urbaine, du Prix Earthshot, du Centre mondial sur le méthane et du Fonds pour la qualité de l’air.
Les partenaires techniques comprennent notamment l’Alliance mondiale pour les alternatives à l’incinération, le Partenariat national ghanéen pour la lutte contre les déchets plastiques, l’Assemblée métropolitaine d’Accra ainsi que d’autres institutions publiques et privées.
GAYO a appelé les gouvernements, les organisations de responsabilité des producteurs, les institutions de recherche, les entreprises privées et les partenaires au développement à soutenir les activités du syndicat.
L’organisation a réaffirmé son engagement à promouvoir à travers l’Afrique des solutions climatiques portées par les jeunes, des villes zéro déchet, des emplois verts et des initiatives liées à l’économie circulaire.
GIK/lb/te/Sf/APA







