La 26e édition du Forum de Bamako, prévue en novembre, sera consacrée à la refondation du système éducatif malien. Le rendez-vous intervient dans un pays où plus de 2 320 écoles sont fermées et où près de deux millions d’enfants auront besoin d’un soutien éducatif en 2026.
Le Mali placera la refondation de son système éducatif au centre de la 26e édition du Forum de Bamako, prévue en novembre prochain, a annoncé vendredi le gouvernement à l’issue du Conseil des ministres.
La rencontre se déroulera autour du thème : « Refondation du système éducatif malien en cohérence avec les valeurs culturelles et répondant aux besoins de développement socio-économique du pays et de la sous-région ».
Arrivé à sa 26e édition, le Forum de Bamako rassemble des responsables publics, des chercheurs, des experts et des acteurs de la société civile autour des grandes questions politiques, économiques, sociales et sécuritaires du continent.
Le choix de l’éducation donne cette année une dimension concrète aux échanges. Il met en relation le contenu des enseignements, les références culturelles nationales et l’adaptation des formations aux besoins économiques du Mali et de la sous-région.
Plus de 2 320 écoles fermées
Cette réflexion s’ouvre alors que l’école malienne subit les conséquences prolongées de l’insécurité, des déplacements de populations et des perturbations climatiques.
Dans son appel humanitaire publié en mars, l’UNICEF recensait plus de 2 320 fermetures d’écoles, avec une scolarité perturbée pour environ 696 000 enfants et des répercussions sur 13 920 enseignants. L’organisation estime que près de deux millions d’enfants auront besoin d’un accompagnement éducatif au Mali en 2026.
La fermeture des établissements touche principalement les zones affectées par les violences armées. Elle accroît aussi les risques de décrochage scolaire, particulièrement pour les enfants déplacés et ceux vivant dans des localités où les services publics fonctionnent difficilement.
En mars, la Banque mondiale a approuvé un crédit de 150 millions de dollars destiné à préserver la continuité des services essentiels de santé et d’éducation au Mali. La composante éducative doit notamment financer du matériel pédagogique, des subventions scolaires et l’organisation des examens nationaux. Environ 1,1 million d’élèves devraient bénéficier d’un soutien à l’inscription ou à l’accès aux examens.
Le Forum intervient ainsi au croisement de deux préoccupations : repenser durablement l’école malienne et maintenir l’accès à l’enseignement dans les zones fragilisées. La formation des enseignants, la qualité des apprentissages, la place des références culturelles dans les programmes et l’adéquation entre formation et emploi devraient occuper une place importante dans les discussions.
Le calendrier détaillé, la liste des intervenants et le format des conclusions restent attendus. Ces précisions permettront de mesurer la capacité de la rencontre à transformer les réflexions annoncées en propositions applicables au système éducatif.
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