Un rapport d’Alarm Phone met en lumière la persistance des traversées depuis les côtes libyennes vers l’Europe, en dépit d’un environnement de plus en plus violent et d’un dispositif de contrôle renforcé en Méditerranée centrale.
Des embarcations de migrants continuent de quitter la Libye en direction de l’Europe malgré les risques élevés encourus, a alerté Alarm Phone, une ligne d’assistance téléphonique dédiée aux navires en détresse en Méditerranée.
Dans un rapport analytique couvrant la période du 1er juillet au 31 décembre 2025, l’organisation indique avoir reçu 428 appels de détresse provenant de bateaux évoluant en Méditerranée centrale au cours du second semestre. Ce chiffre marque une hausse notable par rapport aux 334 appels recensés durant les six premiers mois de l’année, portant le total annuel à 762 embarcations signalées.
Selon Alarm Phone, cette augmentation intervient dans un contexte paradoxal : alors que les dangers liés à la traversée ne cessent de s’aggraver, les tentatives de départ se maintiennent, voire s’intensifient. Le rapport fait état d’attaques visant des embarcations de migrants, mais aussi, dans certains cas, des navires de sauvetage civils, attribuées aux forces libyennes et à des groupes armés opérant dans la région.
L’organisation évoque également des pratiques de refoulement en mer, notamment dans la zone de recherche et de sauvetage relevant de Malte. Ces cas auraient été documentés par d’autres structures de veille, dont les Archives des migrations de Malte, alimentant les critiques sur la conformité des opérations en Méditerranée avec le droit maritime international et les principes de protection des personnes en détresse.
Alarm Phone souligne que la grande majorité des embarcations ayant contacté la ligne d’assistance provenaient des côtes libyennes, confirmant le rôle central du pays comme principal point de départ des routes migratoires irrégulières vers l’Europe. Cette réalité met en évidence l’échec relatif des politiques de dissuasion et de contrôle, qui n’ont pas empêché les départs mais ont contribué à déplacer les risques vers des zones toujours plus dangereuses.
Pour l’organisation, la persistance de ces traversées illustre l’absence d’alternatives sûres et légales pour les migrants et réfugiés, ainsi que la profondeur des crises politiques, économiques et sécuritaires qui continuent de pousser des milliers de personnes à tenter la traversée, au prix de leur vie.
MK/Sf/APA







