Le nouveau «Pacte pour la Méditerranée» redéfinit le cadre des relations entre l’Algérie et l’Union européenne, dans un contexte où l’accord d’association de 2005 peine à produire les effets attendus.
La Commission européenne et les autorités algériennes ont engagé début mai à Alger une nouvelle phase de dialogue destinée à refonder leur coopération économique et politique. Selon les déclarations de l’ambassadeur de l’UE en Algérie, Diego Mellado Pascua, ce pacte vise à adapter le partenariat aux évolutions géopolitiques récentes, notamment les tensions énergétiques en Europe.
Cette initiative intervient après près de deux décennies marquées par une relation commerciale jugée déséquilibrée par Alger, qui réclame depuis plusieurs années une révision des termes de l’accord d’association.
Le repositionnement s’inscrit dans une tentative européenne de sécurisation de ses approvisionnements énergétiques et de relocalisation partielle de certaines chaînes industrielles.
Le diplomate européen a souligné que «la dépendance vis-à-vis de l’Asie, notamment de la Chine, a accru la vulnérabilité du modèle européen», plaidant pour une intégration économique renforcée avec les pays du voisinage méditerranéen. Dans ce schéma, l’Algérie est présentée comme un partenaire «essentiel et fiable», en particulier pour le gaz naturel.
Derrière cette reconnaissance, la réalité économique reste toutefois marquée par une forte asymétrie. Les exportations algériennes vers l’UE demeurent largement dominées par les hydrocarbures, tandis que les flux européens vers l’Algérie concernent principalement des produits manufacturés à plus forte valeur ajoutée.
Malgré les ambitions affichées par Alger de développer une production locale compétitive aux standards européens, les résultats concrets restent limités, en l’absence d’une base industrielle suffisamment diversifiée et intégrée.
Cette nouvelle initiative européenne met également en lumière une forme de dépendance mutuelle déséquilibrée. L’Europe cherche à réduire son exposition aux fournisseurs lointains, mais continue de privilégier des partenariats fondés sur l’accès aux ressources plutôt que sur un co-développement industriel structuré.
Pour l’Algérie, l’enjeu consiste à transformer cette position énergétique en levier de négociation durable, ce qui suppose une montée en capacité industrielle encore incomplète à ce stade.
Le lancement des discussions pour une révision de l’accord d’association confirme que les mécanismes existants n’ont pas permis de corriger ces écarts. L’UE a indiqué vouloir mobiliser ses instruments financiers, notamment via la Banque européenne d’investissement, pour soutenir cette nouvelle phase.
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