Dans un monde financier en pleine mutation, Ecobank Côte d’Ivoire confirme son virage numérique. Lors d’un petit-déjeuner d’échange avec l’Association des journalistes économiques de Côte d’Ivoire (AJECI) au siège de la banque, ce vendredi 8 mai 2026, Paul-Harry Aithnard, directeur Région UEMOA et directeur général de Ecobank Côte d’Ivoire, a dévoilé la stratégie de l’institution pour soutenir la croissance ivoirienne.
Le fer de lance de l’ambition d’Ecobank-CI est la digitalisation. Korede Odjo-Bella, directrice de la banque des particuliers, a révélé dans son intervention un chiffre marquant : « 80% des opérations de Ecobank CI passent par le digital ».
« Nous avons modelé notre stratégie, il faut que nous soyons participants effectifs à la croissance économique de la Côte d’Ivoire. Nous voulons avoir de l’impact sur l’économie ivoirienne », a déclaré Paul-Harry Aithnard.
Pour ce faire, « nous avons fait des choix. Nous allons financer les infrastructures, financer l’agriculture parce que la Côte d’Ivoire est un pays agricole ; et augmenter notre participation sur les secteurs comme le cacao, le coton et l’anacarde », a-t-il fait savoir.
Dans cet élan, la banque a mis en place un desk agriculture, où sont nommés des seniors et une équipe dédiée à la filière, a-t-il dit, ajoutant qu ‘ « il y a le pétrole et les mines, où nous sommes l’une des banques les plus actives. »
Pour une croissance soutenue, Paul-Harry Aithnard estime qu’il faut miser sur l’inclusion financière et l’industrialisation. Pour lui, « si on veut que la Côte d’Ivoire devienne un pays émergent, il faut absolument que la Côte d’Ivoire devienne un pays industrialisé ».
Pour illustrer le potentiel de croissance, il a rappelé qu’en 2000, la Malaisie affichait le même PIB que la Côte d’Ivoire actuelle, soit 100 milliards de dollars. Entre 2000 et 2025, le pays a réussi à quadrupler la taille de son économie pour atteindre un PIB supérieur à 400 milliards de dollars.
La technologie réduit les coûts pour les clients
Selon elle, l’utilisation de la technologie permet non seulement de démocratiser l’accès aux services bancaires, mais aussi de réduire les coûts pour les clients. L’objectif est clair : accroître l’expérience digitale des usagers des services bancaires.
Aujourd’hui, la banque s’appuie fortement sur l’interopérabilité (PI-SPI) qui permet des virements bancaires instantanés via des alias. « C’est plusieurs milliards qui transitent par PI-SPI, de compte à compte », a-t-elle souligné, ajoutant que la technologie est un accélérateur.
L’innovation technologique permet de nouvelles perspectives. Korede Odjo-Bella a indiqué que la banque fait l’ouverture de compte et le stockage d’argent en ligne pour les locaux et la diaspora, avec vérification à distance.
M. Aithnard a annoncé que le microcrédit par IA est une offre actuellement en étude. Elle vise à accorder des crédits de 20 000 à 50 000 FCFA, analysés via l’IA sur la base des mouvements des comptes (achats, approvisionnements).
L’investissement dans le numérique est un levier d’efficience majeur. « La croissance numérique de nos dépôts tourne autour de 15 à 20%. Cette capacité vient de notre déploiement d’outils technologiques », a-t-il expliqué.
Oumar Koné, directeur de la banque commerciale, a rassuré quant à l’utilisation de l’Intelligence artificielle pour mieux capter les flux des clients, permettant ainsi un meilleur accompagnement financier, aussi bien pour les PME que pour les particuliers.
AP/Sf/APA







