La visite de Massad Boulos en Algérie confirme l’ancrage de la position américaine en faveur du plan marocain, et accroît la pression diplomatique sur Alger.
Le conseiller spécial du président américain Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Massad Boulos, a entamé une visite à Alger dimanche 27 juillet, au cœur d’une tournée maghrébine centrée sur le dossier du Sahara. Cette visite, bien que placée sous le signe de la coopération bilatérale, intervient dans un contexte marqué par la réaffirmation claire de la position américaine : le plan d’autonomie marocain reste, aux yeux de Washington, la seule solution sérieuse, crédible et durable au différend régional.
Quelques mois après avoir déclaré que la solution saharienne devait être actée « dans les trois mois », Massad Boulos a rappelé depuis Alger la ligne constante de l’administration Trump : reconnaissance pleine et entière de la souveraineté du Maroc sur le Sahara, et soutien explicite à son initiative d’autonomie. Cette position avait déjà été endossée par Marco Rubio, actuel secrétaire d’État américain, lors de son déplacement à Rabat.
À Alger, Boulos a rencontré le président Abdelmadjid Tebboune ainsi que les ministres des Affaires étrangères et de l’Énergie. Officiellement, ces échanges ont porté sur les opportunités de coopération économique, notamment dans le secteur énergétique. Mais au-delà du langage diplomatique, la visite marque une inflexion significative : les États-Unis entendent stabiliser la région par des partenariats ciblés, tout en réaffirmant la centralité de la vision marocaine dans le dossier saharien.
En intégrant l’Algérie dans sa tournée tout en confirmant à chaque étape le soutien au plan marocain, l’émissaire américain place Alger face à une double réalité. D’une part, Washington écarte toute solution en dehors du cadre proposé par Rabat. D’autre part, la stratégie diplomatique américaine actuelle privilégie une approche transactionnelle (« deal-making »), centrée sur des résultats concrets, et non sur des positions idéologiques figées.
Massad Boulos, devenu l’un des artisans discrets de la stratégie africaine de Trump, est chargé de dossiers sensibles tels que le Sahara, la Libye et le Soudan. Son passage à Alger est interprété, dans les cercles diplomatiques américains, comme une démonstration d’une nouvelle doctrine : construire des partenariats avec ceux qui offrent des solutions stables et crédibles. En ce sens, le Maroc est perçu comme un pilier régional, tandis que l’Algérie est priée de revoir sa posture de blocage.
Après Paris, Alger et prochainement Rabat, la mission de Boulos s’inscrit dans une redéfinition de l’engagement américain en Afrique du Nord, qui privilégie désormais les partenariats ancrés dans la sécurité, l’investissement et la résolution des crises. À travers cette séquence diplomatique, la Maison-Blanche entend poser les jalons d’une architecture régionale fondée sur la reconnaissance mutuelle des intérêts, et sur une vision réaliste du Sahara fondée sur l’autonomie sous souveraineté marocaine.
L’Algérie, confrontée à cette nouvelle donne, se retrouve marginalisée diplomatiquement, tandis que Rabat consolide ses acquis dans un contexte international de plus en plus favorable à sa vision.
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