L’Institut royal espagnol Elcano vient de publier un rapport sur l’adoption par le Conseil de Sécurité de l’ONU de la résolution 2797 sur la question du Sahara.
Le rapport de l’Institut royal espagnol Elcano souligne que la résolution 2797 du Conseil de sécurité consacre de facto la prééminence diplomatique, militaire et politique du Maroc sur la question du Sahara, refermant ainsi un cycle historique ouvert en 1991.
L’Institut royal Elcano, l’un des plus influents think tanks espagnols en matière de relations internationales, note que le Maroc « détient désormais toutes les cartes » dans le dossier du Sahara. L’adoption, le 31 octobre, de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, prolongeant le mandat de la Minurso, marque selon l’Institut espagnol « la fin pratique du processus référendaire » envisagé en 1991 et ouvre « une ère nouvelle où l’autonomie, sous souveraineté marocaine, s’impose comme l’unique option réaliste ».
L’analyse de l’Institut royal Elcano insiste sur la solidité des positions marocaines, aussi bien sur le terrain que sur la scène diplomatique. Le rapport relève que Rabat « a su combiner une stratégie militaire de stabilisation du territoire et une diplomatie de construction d’alliances solides », citant notamment les soutiens explicites de Washington, Paris, Madrid ou encore de Berlin. Selon l’Institut, cette convergence traduit « un alignement international durable » sur la position souverainiste du Royaume, renforcé depuis la reconnaissance américaine du Sahara comme partie intégrante du Maroc en décembre 2020.
Sur le plan interne, le Maroc est décrit par l’Institut comme un État ayant « réussi à fédérer l’ensemble de ses composantes autour du projet national du Sahara ».
Les politiques d’investissement menées dans les provinces du Sud – infrastructures, tourisme, pêche, énergies renouvelables – témoignent d’une « intégration territoriale irréversible » et d’une « vision de développement durable » portée par la monarchie. L’Institut Elcano y voit une stratégie de long terme visant à « offrir des perspectives économiques et sociales aux populations locales, y compris aux anciens habitants des camps de Tindouf ».
L’étude relève par ailleurs l’affaiblissement du Front Polisario et de la « RASD », marginalisés diplomatiquement et isolés sur le plan africain depuis le retour du Maroc à l’Union africaine en 2017. Ce retour, fait observer Elcano, « a permis à Rabat d’exercer une influence croissante au sein du continent et de réduire considérablement le champ d’action de ses adversaires ».
Le think tank espagnol souligne aussi « la lassitude évidente de l’Algérie » à défendre un dossier dont elle ne retire plus de bénéfices politiques tangibles.
Pour l’Institut royal Elcano, la dynamique actuelle « confirme la victoire de la realpolitik sur les discours idéologiques ». Ajoutant que ni la Cour de justice de l’Union européenne, ni la rhétorique du droit à l’autodétermination « ne semblent aujourd’hui susceptibles de renverser un rapport de force favorable au Maroc ».
Le rapport de l’Institut Elcano conclut : « la gestion proactive du Royaume, son ancrage africain et sa stabilité politique en font l’acteur incontournable de toute solution durable dans la région ».
MK/ak/ac/Sf/APA







