Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a dénoncé, mardi 27 août, une intensification « significative » des campagnes de désinformation russes visant son pays dans plusieurs États africains, selon une déclaration transmise par l’ambassade de l’Ukraine au Sénégal.
Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a dénoncé, jeudi 28 août, une intensification « significative » des campagnes de désinformation russes visant son pays dans plusieurs États africains, selon une déclaration transmise par l’ambassade de l’Ukraine au Sénégal.
Selon Kiev, des responsables russes, des médias et des blogueurs affiliés à Moscou propagent de « fausses allégations » attribuant à l’Ukraine des « activités dangereuses » en Afrique, telles que la fourniture d’armes, le soutien à des groupes armés illégaux ou encore des projets de déstabilisation. « Nous réfutons officiellement toutes ces accusations qui n’ont aucun fondement ni aucune preuve », affirme le communiqué.
Le texte précise que ces manœuvres s’inscrivent dans une tentative russe d’entraver le développement des relations de l’Ukraine avec les États africains, alors que Kiev a doublé sa présence diplomatique sur le continent et renforcé la coopération dans les domaines de l’agriculture, des technologies, de l’énergie, de l’éducation et de la numérisation. L’Ukraine met en avant son programme humanitaire « Céréales d’Ukraine » ainsi que son partenariat croissant avec l’Union africaine.
Le communiqué souligne aussi que « la Russie accuse l’Ukraine de ses propres agissements », en rappelant que Moscou a déployé des mercenaires en Afrique, soutenu des régimes anticonstitutionnels et exploité illégalement des ressources naturelles. L’Ukraine met en garde contre les tentatives russes d’« entraîner les États africains dans une confrontation politique » et réitère son engagement à soutenir la paix et la stabilité sur le continent.
Cette prise de position officielle du 28 août intervient dans le prolongement des déclarations du président Volodymyr Zelensky, le 21 juillet. Malgré la crise diplomatique avec le Mali, le Niger et le Burkina Faso, il avait alors tendu la main aux dirigeants africains en affirmant vouloir renforcer le dialogue et proposer un partenariat économique et sécuritaire face à Moscou.
Dans son intervention, relayée par la présidence ukrainienne, Zelensky avait insisté sur « l’importance du contexte africain » et la nécessité d’un « intérêt mutuel » dans les relations. Il avait mis en avant la construction de centres céréaliers sur le continent comme « un facteur économique important » pour renforcer la coopération. Sur le plan sécuritaire, il avait souligné la volonté de l’Ukraine de coopérer avec les pays africains après la guerre avec la Russie, affirmant : « Nous voulons que le secteur de la défense ukrainien travaille avec l’Afrique et que, grâce à la concurrence et à d’autres formes de pression, nous puissions évincer l’influence russe. »
Le président ukrainien avait aussi tenu à préciser que Kiev ne cherchait pas à « imposer une influence » ni à « choisir les dirigeants africains comme le fait la Russie », mais à proposer des partenariats dans « l’économie et la sécurité ». Il avait relevé un « changement fondamental d’attitude » sur le continent vis-à-vis de Moscou, citant notamment le président sud-africain, qu’il a présenté comme désabusé par l’absence de volonté de Vladimir Poutine de mettre fin à la guerre.
Les relations diplomatiques entre Kiev et plusieurs capitales du Sahel se sont fortement dégradées ces dernières années. Le Mali et le Niger ont rompu leurs relations avec l’Ukraine, tandis qu’au Burkina Faso, une plainte a été déposée contre Kiev devant les instances compétentes, après que des responsables ukrainiens, dont l’ambassadeur à Dakar, ont publiquement reconnu un soutien à la rébellion armée dans le nord du Mali.
ARD/ac/APA







