À l’issue du 39e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, le président en exercice de l’UA, Évariste Ndayishimiye, et le président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, ont détaillé la stratégie continentale pour stabiliser l’est de la République démocratique du Congo et répondre à la crise sécuritaire au Sahel, en misant sur une médiation africaine renforcée et une coordination régionale accrue.
Le président en exercice de l’Union africaine (UA), Évariste Ndayishimiye, et le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, ont appelé dimanche à une mobilisation africaine coordonnée pour stabiliser l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et faire face à la menace sécuritaire au Sahel, à l’issue de la 39e session de l’Assemblée des chefs d’État de l’Union africaine, a constaté APA.
S’exprimant en conférence de presse à Addis-Abeba, M. Ndayishimiye a indiqué que la crise dans l’est de la RDC s’articule autour de deux dynamiques : les tensions entre la RDC et le Rwanda, et la présence de groupes armés congolais. Il a salué l’existence d’un cessez-le-feu conclu à Washington, estimant que cet accord constitue un cadre contraignant pour les parties, malgré un climat de méfiance persistant.
Le président en exercice de l’UA a insisté sur la nécessité de mécanismes concrets pour appliquer cet accord, notamment le désengagement des forces, le retrait d’éventuelles troupes étrangères, la mise en place d’une force d’interposition et le lancement de programmes de désarmement, démobilisation et réintégration des combattants, afin de garantir la sécurité des populations civiles.
Il a également évoqué les discussions intercongolaises en cours à Doha, notant la volonté du président Félix Tshisekedi d’ouvrir un dialogue national pour ramener la stabilité.
Prenant la parole, Mahmoud Ali Youssouf a indiqué que l’UA avait mis en place un mécanisme de médiation piloté par le président togolais Faure Gnassingbé, avec un secrétariat basé à Addis-Abeba. Il a précisé que plusieurs anciens chefs d’État, dont Olusegun Obasanjo, Sahle-Work Zewde et Catherine Samba-Panza, ont été mobilisés comme facilitateurs.
Selon lui, l’UA entend désormais piloter la médiation pour éviter que la résolution du conflit ne soit laissée aux seuls partenaires extérieurs, tout en saluant les initiatives internationales telles que l’accord de Washington et la déclaration de Doha.
Concernant le Sahel central regroupant le Mali, le Burkina et le Niger, Évariste Ndayishimiye a décrit une situation sécuritaire « complexe » marquée par un terrorisme transfrontalier affectant l’ensemble de la région. Il a appelé à une solidarité accrue entre les États pour combattre un « ennemi commun », excluant toute possibilité de dialogue avec des groupes terroristes qualifiés de « criminels ».
M. Ndayishimiye avait auparavant été désigné envoyé spécial de l’Union africaine pour le Sahel par son prédécesseur à la tête de l’organisation continentale, le président angolais João Lourenço.
Le président de l’UA a toutefois reconnu la difficulté liée à la situation institutionnelle de certains pays sahéliens, rappelant que l’organisation continentale s’oppose aux changements anticonstitutionnels de régime, tout en soulignant la nécessité d’un dialogue avec les autorités de transition pour un retour à l’ordre constitutionnel.
Mahmoud Ali Youssouf a pour sa part indiqué que la question de la réintégration des pays du Sahel au sein de l’UA était en cours d’examen. Il a annoncé la nomination d’un envoyé spécial chargé du dialogue avec les dirigeants de la région et évoqué une initiative impliquant 18 pays visant à créer une plateforme commune pour coordonner la réponse sécuritaire.
Selon lui, cette plateforme régionale devrait jouer un rôle déterminant dans les mois à venir pour faire face à la prolifération des groupes terroristes, des trafiquants et des mouvements sécessionnistes dans le Sahel.
AC/Sf/APA





